La maternelle en garderie

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Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Récemment, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a proposé de rendre la maternelle quatre ans accessible pour tous les enfants de la province. Je trouve intéressant de dépister en bas âge la capacité d'apprentissage des enfants dans le but de les préparer à la « vraie école ».

Je me demande cependant si on ne pourrait pas organiser une structure différente qu'une école pour rejoindre les bouts de chou. On pourrait peut-être mettre des professeurs de maternelle sur la route à travers le réseau des garderies pour qu'ils puissent rencontrer les enfants de quatre ans pour leur préparer l'apprentissage de la lecture et l'écriture, compter, différencier les couleurs, la création, la libre exploration, les expériences sensorielles, l'imagination, le vivre ensemble, etc.

Il me semble qu'on pourrait faire autrement que d'investir dans le béton pour une fois. On pourrait imaginer des profs en garderie comme des médecins à domicile. J'imagine mal des enfants de quatre ans dans des autobus scolaires ou de les voir passer toute une journée en milieu scolaire. Le ministère de l'Éducation pourrait lancer la première harde de profs de maternelle mobile sur le territoire à raison de deux heures de formation le matin et deux heures de formation l'après-midi. Les CPE pourraient aménager un petit espace pour les enfants de quatre ans qui profiteraient d'un professeur pendant que les plus jeunes font un petit dodo.

On pourrait profiter de l'occasion pour les sensibiliser à l'apprentissage de la musique. Le chef à la retraite de l'Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Jacques Clément, et des événements comme Faites de la musique ont toujours insisté sur l'importance de placer les jeunes en contact avec la musique en bas âge.

Je pense qu'on doit imaginer une façon différente de favoriser l'apprentissage chez les jeunes. Il est temps d'investir dans les ressources humaines au lieu des infrastructures et du mobilier. En s'associant au réseau des CPE, on pourrait développer un concept de garderie-école en laissant travailler ensemble éducateurs en garderie et enseignants en préscolaire.

Dans les milieux socioéconomiquement défavorisés, où les enfants fréquentent moins les CPE, on pourrait les rejoindre de deux à trois fois par semaine dans des lieux de rencontre disponibles dans les quartiers.

Il y a sûrement moyen d'essayer quelques projets pilotes pour tenter, là où c'est possible, de créer des garderies-écoles maternelles, des centres de la petite enfance améliorés avec un volet garderie et un volet maternelle. Je ne sais pas si la maternelle à quatre ans aura des effets sur le décrochage scolaire. Ça, c'est un autre dossier, mais c'est peut-être une façon de dépister plus tôt ceux qui ont des difficultés d'apprentissage.

Si on veut contrer le décrochage scolaire, c'est tout au long du primaire qu'il faut assurer des services pour combler les différentes difficultés d'apprentissage. C'est dès les premières années du primaire qu'il faut intervenir avec des ressources spécialisées et des professeurs de qualité, bien payés et en nombre suffisant.

Jusqu'à 18 ans

Dans ses propositions, le chef de la CAQ suggérait que la fréquentation scolaire soit obligatoire jusqu'à 18 ans. Je ne suis pas certain qu'une telle mesure ait des effets sur le décrochage scolaire des élèves de 15 ou 16 ans. Je suis convaincu qu'il y a un nombre important de jeunes à qui le modèle scolaire standard ne convient pas. Si leurs difficultés d'apprentissage n'ont pas été réglées au primaire, ces difficultés risquent de s'accentuer au secondaire à moins d'ajouter des ressources pour les élèves en difficulté. Les professeurs me donnent l'impression d'en avoir déjà plein le dos avec l'enseignement normal aux élèves normaux. Ça fait partie de l'éducation d'échapper des balles à l'occasion pour retrouver ces jeunes à l'éducation aux adultes quelques années plus tard. Il faut qu'un gars de 17 ans puisse travailler dans un domaine professionnel s'il préfère cette situation à l'école.

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