Je vais être grand-père

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CHRONIQUE / Je vais être grand-père. La nouvelle est tombée cette semaine. La... (Archives La Presse, Édouard Plante-Féchette)

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Archives La Presse, Édouard Plante-Féchette

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Je vais être grand-père. La nouvelle est tombée cette semaine. La conjointe de mon fils de 27 ans devrait accoucher le 28 septembre. Ça donne un coup de vieux, je vous l'assure. J'ai l'impression qu'il m'a poussé des cheveux gris pendant la nuit. Devenir grand-père à 54 ans, je trouve ça tôt. Dans mon livre à moi, un grand-père, c'est un homme de 70 ans. Voyez-vous, déjà dans l'approche, on n'ose pas dire un gars de 70 ans, l'âge commande respect, on dit un homme de 70 ans.

Tout de suite, ma blonde m'a accroché par le bras dans la journée pour magasiner des cadeaux de nouveau-né. «L'arrivée d'un enfant mérite d'être soulignée», me dit-elle en choisissant de petits pyjamas de bébé.

Wo! attend un peu. L'enfant n'est pas encore arrivé, on va laisser le temps faire son oeuvre, dis-je. «Tu vas voir, mon Roger, ça arrive vite le mois de septembre. C'est leur premier bébé, ils partent de zéro, ils n'ont même pas une suce, même pas une attache-suce pour mettre sur le pyjama», me dit-elle en choisissant un petit jouet.

Pendant que ma blonde choisissait de petits vêtements, j'ai bifurqué dans la section des véhicules pour voir ce qui se fait comme landau de nos jours. C'est assez incroyable de constater que les carrosses pour bébé sont devenus des Formules Un de rue de quartier. Ce sont de véritables limousines, mieux encore, des véhicules utilitaires que vous pourrez traîner dans vos sorties de plein air dans le parc de la Jacques-Cartier.

«T'as rien vu mon Roger, j'ai vu tes neveux l'été dernier lors de la fête de famille et à voir tout le stock qu'ils ont traîné, ils devaient être fatigués avant de partir. La chaise haute, le parc, la poussette, la marchette, ça prend une fourgonnette pour transporter tout ça. On va devoir s'organiser à la maison pour éviter que les futurs parents transportent tout ça de Montréal quand ils vont descendre nous visiter», me dit ma blonde qui est toujours trois ou quatre coups en avance sur moi dans ce genre de situation.

Wo! attend un peu, dis-je encore. J'embarque avec le fameux «dans mon temps». Ben là, pas besoin d'une chaise haute. Dans mon temps, ma mère sortait deux catalogues qu'on mettait sur une chaise et on attachait l'enfant avec une cravate autour de la taille. Avec deux adultes chaque côté de lui pour s'en occuper, il n'y avait pas de problème.

Pas besoin d'un parc non plus, quand le bébé va arriver, il va toujours y avoir quelqu'un pour le prendre dans ses bras. Sinon, il se traîne sur le plancher et on surveille du coin de l'oeil. J'ai été élevé dans une grande famille et je pense que je n'ai pas touché au plancher avant l'âge de huit mois. Quand on reçoit la visite d'un enfant, il y a toujours plein de mamans qui ouvrent leurs bras pour prendre le bébé, pas besoin d'un parc ou d'une balançoire pour s'en occuper. Nous nous sommes tous fait brasser le popotin assis sur le pied d'un mononcle qui faisait p'tit galop, p'tit galop, grand galop! Ça reste encore la meilleure des balançoires, comme les bras des mamans demeurent les meilleurs parcs pour bébé.

Je ne sais pas si les parents d'aujourd'hui installent encore des élastiques sur les panneaux d'armoire pour empêcher les enfants de fouiller dans les produits nettoyants, s'ils placent des barrières dans les escaliers et s'ils enlèvent tous les bibelots sur les tables ou s'ils les parquent dans un parc avec une tablette électronique.

Je ne sais pas comment ça se passe dans les maisons avec de jeunes bébés aujourd'hui, mais j'espère que les grands-parents continuent de tremper, en cachette des parents, les suces des enfants dans le miel, la mélasse ou le sirop d'érable. J'ai souvenir de ma vielle mère qui calmait les petits-enfants en pleurs dans ses bras en leur fourrant dans la bouche une suce trempée dans ce genre de nectar.

L'industrie de la petite enfance a beau avoir relégué dans le fond du placard les vieilles poussettes pliantes, elle n'arrivera pas à faire disparaître la bonne vieille suce trempée dans la mélasse en cachette des parents, je vous promets de continuer la tradition!

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