«Ici, c'est Bédardville!»

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CHRONIQUE / Chicoutimi n'est pas capable de faire passer un rouge. Pourtant, me... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Chicoutimi n'est pas capable de faire passer un rouge. Pourtant, me disaient les libéraux que j'ai rencontrés, lundi soir, au rassemblement de Francyne T. Gobeil à l'hôtel Le Montagnais, ce n'est pas une maladie de voter libéral. En plus, dans une élection partielle, ça ne ferait pas mal de l'essayer deux ans. S'ils n'aiment pas la couleur du candidat, y'ont juste à s'en débarrasser à l'élection générale.

Rien à faire, le rouge n'est pas dans la palette des électeurs. «Ici, c'est Bédardville!», me disait un libéral de longue date faisant référence au poids politique de Marc-André et de son fils Stéphane qui ont régné sur le comté depuis des décennies.

Les libéraux trouvaient que l'occasion était belle pour faire changer Chicoutimi de couleur avec le premier ministre dans la région et un candidat libéral dans Dubuc. Pour une fois, on pouvait voter du bon bord, du bord du gouvernement au pouvoir. Mais non, Chicoutimi a résisté encore une fois aux rouges.

Dès le début de la soirée, avant même qu'un bulletin de vote ne soit déployé, les partisans savaient que ce n'était pas un soir de victoire. Les sondages publiés dans Le Quotidien et les sondages internes étaient assez clairs pour savoir d'avance ce que seraient les résultats.

Pendant que je regardais les résultats sur l'écran géant qui plaçaient en avance à plus de 50% la candidate péquiste Mirelle Jean, une dame vient à mes côtés en plaçant sa main sur mon épaule.

«Il faut que son pourcentage baisse», me dit-elle en parlant de Mirelle Jean. «Là, il est trop tôt, il y a seulement 12 bureaux de vote et c'est le pourcentage du vote par anticipation qui apparaît. Les libéraux, contrairement aux péquistes, préfèrent voter le jour du vote, ils n'ont pas la même mentalité», me dit-elle avec l'assurance d'une militante aguerrie.

Et là je reconnais madame Jocelyne Bujold, l'ancienne députée du Bloc québécois dans Jonquière (1997 à 2004).

«Après 40 bureaux de vote, je vais pouvoir vous dire qui va gagner», dit-elle. Mais depuis quand vous êtes libérale, madame Bujold, qui est en plus la marraine de Stéphane Bédard, le député sortant du Parti québécois? À 21 h, elle m'a glissé dans le creux de l'oreille que Francyne se déclarait vaincue.

«C'est moi qui suis allée chercher Francyne pour cette campagne, c'est mon amie. J'ai fait 33 jours de campagne avec elle. C'est une bonne personne, je considérais que c'était la personne la mieux placée pour nous représenter. Vous savez, ce ne sont pas les partis qui font bouger les choses, ce sont les individus. Les partis, ça sert à aller chercher de l'argent, ce sont les gens l'important, ce sont eux qui font bouger les choses. Un moment donné, il faut aller au-delà des partis et considérer les gens pour ce qu'ils sont», de philosopher l'ancienne bloquiste.

Madame Bujold s'est dite aussi étonnée de la méconnaissance des gens pour la politique. «Je passais mon temps à expliquer aux gens que leur vote ne ferait pas tomber le gouvernement. Ils ne savaient même pas c'est quoi une élection partielle. Il fallait expliquer les enjeux avant de parler de nos projets», a-t-elle confié.

D'ailleurs, elle n'était pas très fière de voir son filleul aux côtés de PKP durant cette campagne électorale, après le sort qu'il lui a réservé à la suite de son arrivée à la tête du Parti québécois.

Il y avait aussi quelques libéraux mécontents du chef Philippe Couillard, même s'il est venu à cinq reprises dans le comté. «Il aurait pu annoncer quelque chose comme son intention d'investir dans les infrastructures routières en milieu rural comme Saguenay l'avait demandé au député Sylvain Gaudreault ou encore annoncer son intention d'investir dans la rénovation du Centre Georges-Vézina ou un projet du genre. Il a préféré annoncer deux projets majeurs estimés à cinq milliards de dollars pour du transport collectif à Montréal en pleine élection partielle à Chicoutimi.»

En prenant la parole devant ses militants, Francyne T. Gobeil a dit: «Ce n'est que partie remise. Un jour on va les battre», en parlant du Parti québécois. Faut croire que la candidate se présentera à nouveau à l'élection générale.

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