Big Brother dans mes poches

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CHRONIQUE / Je viens de changer de téléphone. Je voulais un forfait de 50$ par... (Photo 123RF)

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Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Je viens de changer de téléphone. Je voulais un forfait de 50$ par mois au lieu d'un forfait de 100$. C'est 50$ de plus dans mes poches. Un moment donné, pour les mêmes services, il y a des limites à se faire flouer.

J'avais un vieux iPhone avec une vitre cassée, je l'ai encore et tous mes contacts téléphoniques sont dans sa mémoire ainsi que de nombreuses photos. J'ai trouvé un forfait plus économique et, en plus, mon nouveau fournisseur de service m'a offert un téléphone gratuit avec mon nouvel abonnement. Pas cave à temps plein, je me laisse attirer par le nouvel appareil.

La plupart des gens qui possèdent des iPhone m'ont dit que j'allais haïr mon nouveau téléphone, un Samsung LG. Il est plus gros, l'écran est plus beau, mais il est difficile de le manipuler d'une seule main.

Tout de même, j'ai réussi à changer la carte SIM et à mettre en fonction l'appareil. Comme c'est un nouvel appareil, mon nouvel ami, il me demande plein d'informations. Facebook me lance des alertes, toutes sortes de logiciels me demandent de les télécharger, on me demande si je veux être géolocalisé, mon téléphone veut savoir où je suis, à qui je parle, ce que je lis, ce que je mange, ce que je bois, où je vais, quand j'y vais, avec qui, ce que j'écoute comme musique, ce que je regarde comme film, j'ai l'impression de me faire espionner chaque fois que je l'utilise.

Je trouve qu'il y a trop d'applications, je trouve que le numérique veut trop m'en donner. Il veut que je scanne les étiquettes de bouteilles de vin, il veut que je lui demande le titre de la chanson qui joue au restaurant, il veut savoir qui sont les gens sur les photos que je regarde, il m'offre des rabais voyages, il me suggère des bouteilles de vin semblables à celles que j'ai achetées le jour d'avant en ramassant des points sur ma carte fidélité Inspire à la SAQ.

J'ai l'impression d'être un peu dépassé par toutes ces technologies qui veulent tout savoir. Je ne me sens pas bien de cliquer sur «accepter» quand il y a des pages de conditions écrites en petits caractères. J'hésite à utiliser tous ces outils informatiques mis à notre disposition, j'ai l'impression de me dévoiler chaque fois un peu plus et je n'aime pas ça. Je suis un peu méfiant de nature et j'ai l'impression qu'à long terme, on va se faire arranger le toupet en raison de ce flot d'informations qu'on met en circulation.

Je n'aime pas savoir qu'un logiciel pourrait se décider, sans m'en parler, un beau matin, de signaler, par exemple, sur la toile informatique, à mes amis Facebook ou par courriel que Roger Blackburn mange dans tel restaurant ce soir et qu'il a commandé du boudin noir avec un Shiraz comme bouteille de vin.

J'ai l'impression que le téléphone au fond de ma poche me géolocalise et que ma carte de crédit indique à un algorithme publicitaire ce que j'ai mangé en payant ma facture, combien de temps j'ai passé au restaurant et où j'étais assis. Vraiment, j'ai l'impression que j'ai Big Brother dans mes poches.

Ça m'énarve.

J'hésite à télécharger tous ces logiciels qui nous promettent une meilleure vie. Ça ne me tente pas, j'ai l'impression de me faire scruter à la loupe. Mais en même temps, je ne pourrais plus me passer de Google qui nous fournit au bout des doigts les réponses à presque toutes nos questions. Ce qui me dérange, c'est que toutes mes recherches sur Google sont entre les mains du numérique qui s'en sert pour me contacter. Je suis certain que ça va finir par nous jouer des tours.

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