Ah ! comme la neige a neigé !

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CHRONIQUE / Je circule dans les rues de Saguenay par cette fin d'hiver en... (Archives Le Progrès-Dimanche)

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Archives Le Progrès-Dimanche

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Je circule dans les rues de Saguenay par cette fin d'hiver en regardant les amoncellements de neige devant les maisons et je me dis que ça ferait des belles photos à envoyer à nos «snowbirds» qui passent l'hiver en Floride pour les faire jouir et se réjouir de ne pas être ici cet hiver ou à des amis étrangers pour leur montrer c'est quoi de la neige. Ça me fait rire quand ça s'accumule.

Ce qui me fait moins rire cependant c'est cette incapacité qu'on a à Saguenay de gérer l'abondance de neige. Je ne sais pas c'est qui le boss de la neige en ville, mais ça ferait longtemps que je l'aurais fait venir au bureau pour lui dire de ramasser tout ça. Un moment donné ça n'a pas d'allure on se demande à quoi sert l'argent de nos taxes. Pourquoi attendre si longtemps? Il n'y a pas de loi qui empêche de passer la souffleuse plus qu'une fois dans l'hiver.

On a beau construire des Places du citoyen dans tous les arrondissements, bâtir des hangars pour les avions, construire des quais pour des bateaux de croisières et rénover le Centre Georges-Vézina pour une cinquième fois; si on manque d'argent pour ramasser la neige, ça ne marche pas.

Ça ne passe plus dans les rues de quartier. Les ambulances pourraient être immobilisées, les camions de pompier auraient de la difficulté à se rendre dans les quartiers en cas d'incendie, ça n'a pas d'allure. Je ne peux pas croire qu'on manque de souffleuses à neige. Il y en a six appartenant à des compagnies privées qui se promènent dans ma rue le matin.

Je ne peux pas croire qu'on manque de camions de chargement, je ne peux pas croire qu'il manque de place au dépôt de neige usée, je ne peux pas croire qu'on attende que le soleil fasse fondre la neige pour ne pas avoir besoin de la ramasser. Cercueil, ça fait 400 ans qu'on vit dans l'hiver et on dirait que le boss du département du déneigement a été formé dans le désert du Sahara.

Rues, trottoirs, passerelles piétonnières, c'est tout croche. La Ville de Saguenay est-elle en pénurie de souffleuses? Les camionneurs sont-ils en grève? Où est passée l'escouade de déneigement de Saguenay? Va-t-il falloir qu'on se plaigne au ministère des Affaires municipales pour qu'on mette en tutelle le comité de déneigement de Saguenay? Ça fait 10 ans que ça dure, ça fait dix ans qu'on néglige le déneigement dans cette ville fusionnée.

On peut endurer l'été que le gazon ne soit pas coupé sur les terre-pleins pendant une semaine, mais l'hiver Jésus-Marie-Joseph on ne peut pas attendre que ça fonde. La population continue à vivre quand il neige, les camions circulent et le monde marche pour se déplacer.

En pleine semaine de relâche, alors que les enfants et les parents peuvent se retrouver dans la rue, il n'y a presque plus de rue, les voitures ne peuvent plus se rencontrer. Il faut se ranger dans une entrée pour se faire de la place. C'est ridicule, on dirait une ville des pays chauds qui n'a jamais vu de neige de sa vie et qui ne sait pas comment s'en débarrasser.

Avez-vous vu les terrains devant les maisons dans certains quartiers? Il y a des rues où les façades ont disparu sous la neige. On ne voit plus les numéros civiques des résidences, les gens ne savent plus où mettre la neige quand ils déblayent leur entrée. Les propriétaires ne peuvent même pas profiter du soleil de mars qui voudrait entrer dans leur maison. Il est occupé à faire fondre la neige qui bouche les fenêtres.

On dirait que Saguenay se prépare à recevoir le congrès mondial des sculpteurs sur neige et qu'on leur réserve des blocs pour une compétition interplanétaire. La neige peut-elle être vendue? Promotion Saguenay est peut-être en train de négocier avec un acheteur de neige quelque part dans le monde et ils ne veulent pas nous en parler?

Je trouve ça gênant de se laisser enterrer de cette façon. Il y a des limites à l'expression quartier blanc. Je trouve qu'on n'est pas bon pour rendre notre ville agréable.

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