Comme un poêle éteint tout l'temps

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
CHRONIQUE / J'ai vu le film Chasse-Galerie: la légende cette semaine.... (Photo courtoisie)

Agrandir

Photo courtoisie

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / J'ai vu le film Chasse-Galerie: la légende cette semaine. Dans le scénario de Guillaume Vigneault, inspiré de la version populaire d'Honoré Beaugrand publié à Montréal dans les années 1880, il a intégré une belle histoire d'amour entre Liza Gilbert qui travaille à la mercerie et le beau Joe qui travaille la terre l'été et dans les chantiers forestiers l'hiver.

Je raconte mon visionnement à mon frère chez qui je vais prendre le café de temps en temps et lui dit: c'est encore une histoire avec la plus belle fille du village qui s'amourache du gars de bois qui passe l'hiver à bûcher dans les chantiers pendant que les professionnels de la ville la courtisent et qu'elle ne sait plus quoi inventer pour repousser leurs avances.

On dirait qu'au Québec ça fait partie de notre ADN collectif et de notre histoire le fait que les belles filles préfèrent les «lumbersexuels».

C'est comme Donalda et Alexis dans Séraphin, Émilie et Ovila dans Les filles de Caleb, Maria Chapdelaine et son François Paradis dans le roman de Louis Hémon. Cette histoire on l'a écrit, on l'a chanté et on l'a fait en dessins animés, mais on dirait que ce n'est pas assez, on les représente au grand écran.

Et là mon grand frère me dit: «C'est l'histoire de Flore (Florestine ma mère) et Jean-Louis (mon père). Quand notre père a rencontré notre mère, c'est exactement ça qui se placotait au village. Maman, la belle du village de Saint-Méthode flirtait avec le beau Jean-Louis quand il revenait du chantier et de la drave.»

Calvaire c'est bien vrai, en plus mon bûcheron de père avait 30 ans et ma mère à peine 18 ans quand ils se sont rencontrés sur le Bôme de Saint-Méthode après la grand-messe. Mon grand frère me racontait qu'au village on bavassait sur cette fréquentation, le beau grand gars de Chicoutimi qui tournait autour de Florestine Painchaud de Saint-Méthode. Il se sont accommodés sur le perron de l'église après la grand-messe, qu'on me raconte. Mon frère aîné, aujourd'hui décédé, le premier de la famille, est même né dans bois quand mon père était gardien d'une tour de garde-feu.

Mon père l'avait sortie du village pour l'amener vivre avec lui dans le bois. Il fallait s'aimer en p'tit Jésus de plâtre pour aller vivre à la lampe à l'huile et au poêle à bois dans un camp rustique en pleine forêt.

La version moderne de ces liaisons amoureuses pourrait s'apparenter aux femmes qui vivent avec des militaires qui partent en mission ou aux femmes qui s'amourachent des gars de la construction qui partent dans les chantiers pour construire des barrages, mais pour des périodes moins longues.

L'ennui est moins ennuyant de nos jours comparativement à la belle époque, qui n'était pas si belle que ça finalement. La télévision, les communications et les réseaux sociaux rendent moins pénibles les moments de solitude. Dans l'ancien temps, ça devait être plate en sacrement.

Vigneault l'a chanté: Ah que l'hiver tarde à passer/ Quand on le passe à la fenêtre/ Avec de «si» et des «peut-être» /Et des «vaut mieux pas y penser»

L'homme est parti pour travailler/ La femme est seule seule seule/ L'homme est parti pour travailler /La femme est seule à s'ennuyer... J'sais qu't'es parti pour travailler

Mon désennui c'est d'm'ennuyer.../ Que la maison quand y a pas d'homme/ C'est comme un poêle éteint tout l'temps.

Non mais c'est beau à lire et doux à attendre, dites-vous ça à votre homme mesdames: À la maison, quand y a pas d'homme, c'est comme un poêle éteint tout l'temps!

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer