Promotion Saguenay-Lac-Saint-Jean...

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L'ancien président de la Conférence régionale des élus... (Archives Le Progrès-Dimanche)

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L'ancien président de la Conférence régionale des élus (CRÉ) et préfet de la MRC Lac-Saint-Jean-Est, André Paradis, dénonçait cette semaine l'immobilisme des députés régionaux.

Archives Le Progrès-Dimanche

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Le collègue Marc Saint-Hilaire éditorialiste au Quotidien lançait un pavé dans la marre en début de semaine en invoquant le manque de leadership pour l'avancement des dossiers régionaux.

Il faisait ressortir entre autres les pertes d'emploi dans la fonction publique au profit de la Vieille capitale, le prolongement de l'autoroute Alma-La Baie qui dort sur des tablettes ou le dossier des droits forestiers dans les aires protégées mort au feuilleton.

Le lendemain dans Le Quotidien, c'est l'ancien président de la Conférence régionale des élus (CRÉ) et préfet de la MRC Lac-Saint-Jean-Est, André Paradis, qui dénonçait l'immobilisme de nos députés régionaux dans des dossiers comme la téléphonie cellulaire, les sentiers permanents de motoneige et autres projets qui n'avancent plus.

Notre région est forte quand elle parle d'une seule voix. Peu importe les gouvernements au pouvoir, les intervenants locaux ont toujours trouvé le moyen de se faire entendre et de faire avancer les dossiers majeurs. La construction de la 175 à quatre voies divisées ou la construction du quai de croisière à La Baie en sont des exemples.

La région a besoin de réfléchir à ses besoins et à son développement et il faut une voix qui botte les fesses des élus pour faire avancer les dossiers. Les CRÉ ont été abolis par le gouvernement du Québec. On dirait que le vieil adage «diviser pour mieux régner» revient nous hanter.

On devrait peut-être songer à transformer Promotion Saguenay en Promotion Saguenay-Lac-Saint-Jean?

Saguenay peut s'organiser avec trois députés et la force de sept municipalités fusionnées et la collaboration de la MRC du Fjord-du-Saguenay. Mais au Lac-Saint-Jean c'est moins évident de s'entendre avec une trentaine de villes et villages regroupés dans trois MRC représentées par deux députés.

Ça prend une organisation qui va dire aux députés quels sont les dossiers qu'ils doivent pousser, c'est quoi les enjeux importants pour la région. Il faut éviter des décisions motivées par des intérêts de politiques partisanes comme la prison de Roberval par exemple. Si les intervenants régionaux jugent que c'est une meilleure décision de faire passer l'autoroute 70 par Saint-Bruno au lieu d'Alma ce sera plus facile pour les élus de vendre l'idée aux conseils des ministres que de faire l'arbitre entre deux villes qui se tiraillent pour que la route arrive sur leur territoire.

Quand il n'y a pas de consensus régional, on laisse les députés à eux-mêmes et c'est là généralement que ça commence à mal aller. Rappelez-vous quand le député de Jonquière Francis Dufour ne voulait pas d'une autoroute Alma-La Baie, car il avait peur que Jonquière devienne une ville fantôme à cause du contournement de la circulation automobile. Il a retardé le projet pendant plusieurs années.

Quand les élus sont laissés à eux-mêmes, ils tirent la couverte de leur côté et ça empêche les projets communs. À la dissolution de la CRÉ il restait environ trois millions$ dans les coffres de l'organisme. Normalement une telle somme aurait pu servir de levier pour mettre sur pied un projet régional, mais sans organisme régional, la somme sera divisée entre les maires de village pour que chacun s'en serve pour construire un aréna, ou un parc avec des jeux d'enfants ou un petit sentier de randonnée autour du village. Ce n'est pas avec une patinoire couverte qu'on fait du développement régional.

Il faut réfléchir ensemble avec des professionnels au sein d'une structure qui permet des échanges et des consensus. Il faut prévoir les coups d'avance. À l'époque l'industrie du bois faisait vivre nos familles dans la région, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. Un chroniqueur va écrire dans 50 ans: «À une époque l'aluminium a fait vivre nos familles dans la région, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui».

Si le gouvernement du Québec n'est pas capable de nous fournir une structure régionale de réflexion et de consensus, la région devra innover en créant elle-même cette structure.

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