Dans mon temps, on gagnait la coupe

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Les Canadiens ont perdu 5 à 2 contre... (Archives Le Quotidien)

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Les Canadiens ont perdu 5 à 2 contre les Blue Jackets, mardi.

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Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Pôvre Canadien. Ça fait pitié. En fait ce sont les amateurs qui font pitié, les fans, les mordus, les Canadiens de coeur, ceux qui ne manquent pas un match de hockey et qui ont vécu l'agréable sensation d'être partisan d'une équipe victorieuse en début de saison alors que la Sainte-Flanelle alignait les victoires avec leur gardien vedette Carey Price.

Je ne vous trouve pas chanceux parce que des victoires du Canadien ça fait du bien, ça rassemble et ça fait chier les partisans des Bruins de Boston.

Pouvez-vous imaginer le bonheur qui régnait dans les chaumières quand j'étais adolescent. Je suis né en 1961, donc j'ai vécu mon adolescence dans les années 1970, une époque où le Canadien de Montréal régnait en maître sur le hockey à travers la Ligue nationale et le monde entier.

Quand j'avais 10 ans, en 1971, mes idoles étaient Ken Dryden et Jean Béliveau. J'ai assisté à l'arrivée de Guy Lafleur dans l'équipe. Durant ma jeunesse, de 10 à 20 ans, pendant mon enfance, mon adolescence et le début de ma vie adulte, le Canadien a remporté six coupes Stanley, dont quatre de suite avec les Flying Frenchmen, des idoles francophones, de 1976 à 1979.

Guy Lafleur a aligné six saisons de 50 buts, ce n'était pas un piochon comme on en compte dans l'édition actuelle du Canadien dont le joueur de concession est un gardien de but. Quand j'avais 15 ans, mon équipe de hockey préférée, celle que tout le monde aurait voulu avoir dans son «pool» de repêchage si cela avait existé à l'époque, a connu seulement huit défaites durant toute la saison de 80 matches (deux records imbattus le plus de points en une saison et le moins de défaites).

Mon équipe battait des records chaque année. Les vedettes étaient francophones avec des noms comme Guy Lafleur, Guy Lapointe, Jacques Lemaire, Serge Savard, Yvan Cournoyer, Réjean Houle, Yvon Lambert, Mario Tremblay, Michel Larocque. Le hockey était une fierté pour le p'tit cul que j'étais et il n'y avait pas un apôtre de fendant qui venait nous narguer avec son gilet des Bruins ou des Flyers. On gagnait tout.

Quand je pense à nos jeunes et que je les vois penauds devant leur téléviseur HD de 60 pouces avec des plans de caméra au super ralenti en train de regarder perdre leur équipe de pousseux de puck, j'ai de la peine pour eux. Ils ne pourront jamais vivre ce que j'ai vécu comme ti-cul alors qu'on regardait les matchs sur une télévision de 20 pouces avec de la neige dans l'écran. Les images étaient poches, mais notre équipe était de haute fidélité.

Une chance qu'il y a P.K. Subban pour nous faire bondir de notre chaise de temps en temps parce que pour le reste, il y notre petit David Desharnais qui a le coeur aussi gros qu'un gars de six pieds et demi, mais à part ça... on dirait que l'équipe est formée de plombiers.

J'aimerais tellement ça que nos jeunes puissent avoir des idoles comme on a eues, ça leur ferait tellement du bien, ils se sentiraient plus fort, il me semble. Le seul qu'on haïssait chez le Canadien dans les années 70 c'était le coach, l'enfant de choeur de Bowman, qui tyrannisait ses joueurs, mais qui nous laissait avec le goût de la victoire dans la bouche.

Ça goûte bon des victoires, ça goûte encore meilleur quand ce sont des séries de victoires et ça goûte encore meilleur quand on bat des records. Les partisans ont goûté à ça en début de saison, c'est dommage, ç'a été de trop courte durée.

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