Il faut enfouir les fils sur Talbot

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Saguenay souhaite revamper le boulevard Talbot à Chicoutimi... (Archives Le Progrès-Dimanche)

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Saguenay souhaite revamper le boulevard Talbot à Chicoutimi en investissant 3 M$.

Archives Le Progrès-Dimanche

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Je crois sincèrement que c'est une erreur de ne pas enterrer les fils électriques sur le boulevard Talbot à Chicoutimi dans le projet de restauration de 3 millions$ que Saguenay veut initier à partir de l'an prochain. Je sais bien, «ça coûte trop cher», comme dirait notre bon maire Jean, mais il ne faut pas répéter les erreurs du passé en ménageant la chèvre et le chou. Il faut enfouir les fils et emprunter l'argent qu'il faut pour le faire.

Quand on se promène dans le vieux Québec les gens ne demandent pas combien cela a coûté pour enterrer les fils électriques, on félicite ceux qui ont pris la décision de le faire. Ça profite aux visiteurs d'aujourd'hui, ceux qui sont décédés en ont profité avant de partir et ça va profiter à tous ceux qui vont suivre pour des siècles et des siècles.

C'est comme reconstruire le pont Champlain à Montréal, on ne dit pas ça coûte trop cher, on en construit un, c'est tout, avec le meilleur rapport qualité-prix.

Ça fait longtemps qu'on aurait dû installer des feux piétonniers et des arrêts d'autobus un peu partout sur le boulevard Talbot. On ne peut que se réjouir de cette initiative qui vise à corriger les erreurs du passé, les erreurs de ceux qui n'avaient pas de vision. Mais il ne faudrait pas faire les mêmes erreurs qu'eux en faisant un projet sans envergure pour ménager, parce que ça coûte trop cher.

Si le réaménagement d'une portion de 1,2 kilomètre coûte trop cher pour enterrer les fils électriques, alors faites les travaux sur une distance de 0,6 kilomètre et enterrez les fils. Nous sommes en 2016, c'est fini l'époque où on fait les choses à moitié avec un peu d'asphalte neuf, une piste cyclable et des arbres parce que les élections s'en viennent. Il faut penser en fonction d'un développement durable.

Si on n'enterre pas les fils électriques du boulevard Talbot en 2016, ce sont les élus de 2026 qui le feront en payant le double du prix en disant qu'ils sont obligés de corriger les erreurs du passé et que l'enfouissement des fils aurait dû être fait en 2017 lors des travaux de réaménagement pendant que la machinerie était sur place et que les pelles mécaniques creusaient la chaussée pour aménager trottoirs et pistes cyclables.

Il ne faut pas diminuer les trois voies du boulevard d'un mètre, il faut au contraire élargir pour ajouter une quatrième voie réservée pour les autobus, les taxis et les camions de livraison. Avec trois voies réduites, comme cela a été présenté, l'hiver Talbot se transformera à deux voies lors des bonnes bordées de neige. Un boulevard à deux voies et des arrêts d'autobus, ça va bouchonner. Il serait préférable de sacrifier le terre-plein au centre pour aménager une quatrième voie.

C'est la première fois que j'entends parler que les arbres et les fils électriques font bon ménage. Avec le réchauffement climatique, les épisodes de verglas risquent d'être de plus en plus fréquents. Selon Hydro-Québec, plus de 40% des pannes d'électricité sont causées par la chute de branches ou d'arbres situés à proximité des lignes aériennes de distribution. Le rapport Nicolet le recommandait après le verglas de 1998 comme une priorité.

Enterrer les fils électriques est non seulement un élément sécuritaire, mais une façon aussi d'améliorer le patrimoine visuel du Saguenay avec les monts Valin qui se dressent en arrière-plan.

Le maire Jean Tremblay dit qu'il coûterait 10 millions$ pour les déplacer et pour les enfouir il faut compter des dizaines de millions de plus. Selon Hydro-Québec, les coûts pour enfouir des fils électriques triphasiques déjà existants sont d'environ 3,4 millions de dollars par kilomètre. En 2011, le montant de 160 000$ par kilomètre était avancé pour un réseau aérien.

On doit penser à ce que sera le boulevard Talbot dans 20 ou 30 ans et l'aménager en fonction de cette vision, quitte à emprunter l'argent nécessaire et de le faire payer par plusieurs générations.

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