Baux de villégiature: les impacts se feront bientôt sentir

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CHRONIQUE CHASSE & PÊCHE / La pilule de la hausse arbitraire des baux de... (Archives La Presse)

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Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE CHASSE & PÊCHE / La pilule de la hausse arbitraire des baux de villégiature qui est en vigueur depuis le 1er janvier au Québec ne sera pas trop difficile à avaler cette année. Comme l'a déjà dit le député libéral Serge Simard, un éléphant ça se mange une tranche à la fois.

Un 100$ de plus cette année, 200$ de plus l'an prochain, ça peut toujours passer, mais les impacts négatifs de la hausse des baux de villégiature pour les camps de chasse et pêche vont commencer à faire vraiment mal dans trois à quatre ans alors qu'un loyer annuel de 400$ aura atteint 600$, 800$ ou même 1100$ dans certains cas. À ce moment, vous allez commencer à voir des pages d'annonces classées dans le journal pour des chalets de chasse et pêche à vendre en forêt.

Le pire dans tout ça, c'est que depuis 2002, le gouvernement s'est assis à la même table avec neuf intervenants reconnus, soit l'Association des évaluateurs municipaux du Québec, l'Association des régions du Québec, la Fédération des pourvoyeurs du Québec, la Fédération québécoise de la faune (Fédération des chasseurs et pêcheurs du Québec), les gestionnaires de zecs, la Fédération québécoise des municipalités, l'Ordre des évaluateurs agréés, le ministère des Affaires municipales et le Regroupement des locataires des terres publiques. Tous ces gens s'étaient entendus, après 18 mois de discussions, sur des critères d'évaluation pour des augmentations en fonction de l'inflation au cours des années. Des critères comme l'éloignement et la proximité d'un plan d'eau étaient pris en considération pour évaluer la valeur des biens et déterminer le coût d'un bail de location.

Tout le travail de tout ce beau monde a été jeté à la poubelle pour récolter des revenus supplémentaires dans les poches de notre bon gouvernement. Ça vaut la peine de mobiliser des gens, de les faire réfléchir pendant plus d'un an et demi et de ne pas considérer leur travail. Je suis certain que ces augmentations vont ébranler les bases de la villégiature au Québec et les impacts se feront véritablement sentir dans trois ou quatre ans.

Sur cinq ans, les loyers moyens au Québec passeront d'environ 400$ à plus de 1100$. Quand le villégiateur va recevoir sa facture de 1100$ dans cinq ans, s'il n'a pas vendu son chalet avant, il va sérieusement considérer la pertinence de ses loisirs forestiers, un mode de vie très important pour la classe moyenne, qui n'ont pas les revenus suffisants pour s'installer dans les montagnes de ski ou dans un condo en Floride. Certains choisiront probablement de vendre leur camp de chasse et pêche pour louer une roulotte sur un terrain de camping en Floride, ce qui n'est pas bon pour l'économie du Québec.

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