500 000$ en rénos à mon bureau

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Quelque 500 000 $ ont été investis en... (Archives Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque)

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Quelque 500 000 $ ont été investis en rénovation intérieure au restaurant-bar Le Stade de Chicoutimi.

Archives Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque

Roger Blackburn
Le Quotidien

Le restaurant-bar Le Stade de Chicoutimi a été longtemps mon deuxième bureau. Il est situé juste à côté du journal et j'y ai traîné mes pieds à plusieurs occasions, encore aujourd'hui d'ailleurs, c'est toujours un plaisir d'y prendre une «bièrette».

Le propriétaire Gaby Asselin, un ami de longue date, vient d'y investir 500 000$ en rénovation intérieure. Je lui disais la semaine dernière comment je le trouvais fou, à 70 ans, de se lancer dans une aventure comme ça. On a pris quelques bières et on a jasé.

Ils étaient cinq associés il y a 34 ans quand ils ont ouvert le premier bar sportif au Saguenay. «Dans le temps, les matches de Nordiques étaient télédiffusés seulement à La Baie, qui était branchée sur un autre réseau de câble. On avait un gars qui enregistrait la partie sur des cassettes vidéo et qui venait nous la porter entre les périodes. On diffusait la partie une période en retard sur notre écran géant de 48 pouces», se rappelle-t-il en riant.

Après cinq ans il a voulu vendre ses parts à ses associés et c'est lui qui les a achetés après discussions. Il a traversé pas mal de changement durant ces 34 années. Il a vu arriver la concurrence des grandes chaînes de restauration comme les Mikes, les Saint-Hubert, les Scores, les Cages aux sports sans parler des autres restaurants genre sushis-bar ou de restauration rapide qui ont poussé comme des champignons et les micro-brasseries qui connaissent du succès.

Il a connu l'époque des bars enfumés par la cigarette, les sections fumeurs et non-fumeurs, l'interdiction totale de fumer dans les restaurants, la récente interdiction de fumer sur les terrasses et le resserrement des lois concernant l'alcool au volant et la lente disparition des comptes de dépenses que les représentants commerciaux avaient en plus de leur chèque de paye. «À une certaine époque, les représentants commerciaux avaient des comptes de dépenses très généreux qu'ils pouvaient utiliser à leur guise en repas et consommations. C'est beaucoup plus sévère aujourd'hui», me dit-il.

Le Stade a toujours été un lieu de rassemblement sportif. On a eu les années Gaston Drapeau, Joe Canale et Richard Martel avec les Saguenéens. Les avant-matches et les après-matches étaient légendaires au Stade. «Lors des séries éliminatoires, c'est la folie furieuse ici, la clientèle d'amateur de hockey est encore très fidèle.»

J'ai rencontré un tas de gens dans ce bar au cours des années. De nombreux membres des trois corps de police, GRC, SQ et SM, s'y donnaient rendez-vous pour prendre une bière, les coachs de hockey junior, les joueurs de golf, les hockeyeurs des ligues de garage, des vieux chums, des vieux couples, des nouveaux couples, des couples séparés, des soirées à ne plus finir. Les gens ont changé le monde à plusieurs reprises autour du bar.

Gaby Asselin a investi près de 2 millions$ en 34 ans dans ce restaurant du boulevard Talbot. «Il faut investir tous les sept ou huit ans si l'on ne veut pas mourir en restauration», assure-t-il.

À 70 ans généralement on pense plus à vendre qu'à investir, il me semble? «Oui, j'aurais pu vendre. J'ai même songé à une franchise. Il y avait des possibilités avec un commerce de pizza. Mais c'est aussi une question de fierté, le mobilier commençait à avoir de l'âge et le chiffre d'affaires stagnait. J'y ai pensé pendant un an avant de prendre la décision. Je suis vraiment content de l'avoir fait», confie celui qui est aujourd'hui le propriétaire du plus ancien restaurant-bar sans avoir changé de propriétaire à Chicoutimi.

Il ne faut pas être peureux en ces temps d'austérité pour investir une telle somme dans la restauration. Je lève mon chapeau à mon vieux chum Gaby et sa conjointe collaboratrice de toujours, France, qu'on appelle affectueusement «Mom», pour cette décision d'affaires. Vous avez bien réussi, c'est beau et encore plus que jamais rempli de bon monde.

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