Pas facile pour les enfants du maire

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le maire Jean Tremblay a annoncé cette semaine... ((Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque))

Agrandir

Le maire Jean Tremblay a annoncé cette semaine qu'il ne briguerait pas les suffrages en 2017.

(Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

Roger Blackburn
Le Quotidien

Le maire Jean ne se représentera pas aux prochaines élections municipales. Cet homme est tellement politique jusqu'au bout des doigts que je me demande si ce n'est pas une stratégie électorale d'annoncer son intention de ne pas briguer les suffrages une fois de plus. Il a encore le temps de changer d'idée!

Le maire Tremblay a confié au Quotidien cette semaine que ce n'est pas facile pour ses enfants de subir insultes, quolibets et intimidations parce qu'ils sont «LES» enfants du maire.

Je peux comprendre ce que ces enfants ont pu endurer. Ma fille qui habite Montréal faisait rire d'elle à cause du maire là-là parce qu'elle vient du Saguenay. Lors des sorties médiatiques légendaires du maire, ma fille me téléphonait et me disait: «Y as-tu quelqu'un qui va le faire taire? On fait rire de nous autres à Montréal. À cause de lui on passe pour des moyens zezons.»

Évidemment, je riais à ces commentaires et j'ajoutais: «C'est rien, il a un taux de popularité de 85%. T'es mieux de t'habituer, car il est au pouvoir pour un bon bout de temps.» Ça aura duré 20 ans.

Pour un politicien ou un homme public, faire face à la critique, se retrouver sur les ondes des stations de radio ou faire les manchettes, ça fait partie de son quotidien, ça vient avec la job, c'est la rançon de la gloire. Mais pour les enfants ou les conjoints, c'est différent. Les propos négatifs contre notre papa ou notre conjoint nous font beaucoup plus mal qu'au politicien.

Ma vieille mère, à l'époque, était toute virée à l'envers quand un animateur de radio critiquait mes textes en ondes le matin. Elle me téléphonait, la binette basse, quand une lettre d'opinion du lecteur exprimait son désaccord avec mes propos. Pour moi, c'était normal et ça fait partie du travail, mais pour elle, c'était un drame.

Alors imaginez un instant ce que les enfants du maire Tremblay ont dû subir tout au long de ces 20 années de pouvoir. Quand ton père fait la manchette régulièrement pour la prière au conseil de ville, qu'il se crêpe le chignon avec Greenpeace et les intellectuels de ce monde, qu'il s'en prend publiquement à des personnalités politiques issues d'une minorité ethnique et qu'un bon matin il traite les journalistes de cruches avant de recevoir l'Olivier du Drôle malgré lui dans un gala de l'humour, ça commence à être lourd.

Déjà, pour un politicien drabe, incolore, inodore et sans saveur, la critique fait partie de sa carrière et n'est pas toujours facile à gérer. Les impacts sont donc au centuple quand ton père de politicien est coloré, imagé, plein de saveur, avec le sens de la formule et de la répartie comme le maire Jean Tremblay.

Il va laisser un grand vide dans l'univers médiatique. Il était tellement imprégné par l'importance de l'image et du rayonnement qu'en plus de se retrouver sur toutes les tribunes publiques, il avait ses émissions d'information à la télé en plus de diffuser ses propres capsules vidéo avec Ville en action disponible sur Internet.

Jamais un maire dans la région n'a joué la carte de la visibilité aussi fort que Jean Tremblay. Malheureusement pour ses enfants et pour les citoyens, ce n'était pas toujours pour les bonnes raisons qu'il faisait les manchettes. Ça va faire du bien à tout le monde qu'il laisse sa place. Saguenay est mûre pour un changement de régime.

Les médias ont beaucoup de temps pour faire le bilan de ces 20 années de pouvoir, alors que l'histoire jugera de l'impact du règne du «maire là-là» comme on le surnomme en province.

Mais comme dirait le regretté Yogi Berra, «ce n'est pas fini tant que ce n'est pas fini» !

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer