Sur la route des grands pins

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Notre chroniqueur, Roger Blackburn, dans le sentier de... (Photo courtoisie)

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Notre chroniqueur, Roger Blackburn, dans le sentier de la Pinède du Parc national du Saguenay.

Photo courtoisie

Roger Blackburn
Le Quotidien

J'ai vu des grands pins blancs (ou gris, je ne saurais dire) dans le sentier de la Pinède du Parc national du Saguenay. Ça m'a impressionné. Ça fait des années que j'entends parler de ces grands pins, «clairs de noeud» dirait mon frère, qui montent jusqu'au ciel et que les Anglais venaient bûcher sur les rives du fjord pour en faire des mâts de bateau.

On me disait que ces arbres étaient magnifiques et que les Britanniques en ramenaient des tonnes en Angleterre au début de la colonisation.

Je n'en avais jamais vu avant le mois dernier. Il y a un sentier à Petit-Saguenay, au bout de la route qui mène au Village-Vacances, via le Chemin Saint-Étienne. Il y a une boîte d'auto-enregistrement du Parc Saguenay, on prend une enveloppe, on y glisse 10 $ (il n'y a pas de machine à change) et on l'insère dans la boîte de métal pour acquitter votre droit d'accès.

Le sentier fait huit kilomètres au total, aller et retour. Je ne suis pas trop-trop du genre trekking. Tant qu'à marcher dans le bois, aussi bien courir après un orignal en période de chasse. Mais, là, je peux vous dire que cette petite randonnée m'a sortie de mes shorts.

Avant de grimper en montagne, on marche pendant les trois quarts de la randonnée le long des falaises du Saguenay.

À gauche, on voit le fjord qui nous embaume avec ses odeurs de varech et l'immense plage Saint-Étienne, alors qu'à droite se dressent les flancs de montagne avec ses odeurs d'épinette, de sapin et de sous-bois. Cercueil, c'est beau, je vous le jure. Même les anti-randonnées, les urbains jusqu'à l'os, les bedonnants qui préfèrent se bercer sur la galerie et les madames à talons hauts qui haïssent les mouches vont trouver ça beau.

Après avoir longé le fjord sur environ trois kilomètres, un vieil escalier de bois comme ceux qui s'écroulent dans les films d'aventure, comme dans les romans d'Harry Potter ou comme dans les sombres forêts du Seigneur des anneaux, nous attend au pied de la montagne où pousse la pinède, cette forêt de pins qui n'a pas été bûchée par les émules de William Price.

La couleur des roches, l'épaisseur de la mousse, la pureté de l'eau qui coule dans les ruisseaux, les racines tel un tapis tressé sous vos pieds guident vos pas. Vraiment, ça m'a séduit.

En arrivant au sommet de la montagne, le sentier se prolonge en une boucle d'un kilomètre avec des points de vue étourdissants sur le Saguenay et la compagnie d'immenses arbres tout autour de vous. Vous ne pouvez pas résister à l'envie d'étreindre les géants pour vous confirmer que vos bras ne font pas le tour du tronc.

Pour sucrer le sucre, en arrivant au sommet, le ciel s'obscurcit, de gros nuages lourds envahissent le fjord comme une tempête de sable dans le désert, ça passe de bleu à gris en un clin d'oeil et de 28 à 18 degrés en quelques secondes. Et là, nous avons eu droit à une trombe d'eau inimaginable. Le tonnerre résonnait tellement fort que je courbais l'échine pour ne pas me faire frapper. On a bien rigolé.

Il reste encore de belles journées d'automne avant qu'il nous tombe dix pieds de neige sur la tête. Si ça vous tente de faire un petit tour, ça vaut la peine de prendre une journée pour faire cette petite randonnée qui dure environ trois heures. Profitez-en pour faire un petit pique-nique et de boire un mousseux à la santé de ces grands pins qui ont survécu aux bûcherons et aux feux de forêt.

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