Bienvenue monsieur Cauchon

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Nos journaux Le Quotidien et Le Progrès-Dimanche ont changé de propriétaire. Ce... ((Photo Rocket Lavoie))

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Roger Blackburn
Le Quotidien

Nos journaux Le Quotidien et Le Progrès-Dimanche ont changé de propriétaire. Ce dernier est venu nous visiter cette semaine pour se présenter, nous rencontrer et nous faire part de sa vision.

La majorité des employés étaient rassemblés dans la salle de rédaction quand le président-directeur général du nouveau Groupe Capitales Médias, Claude Gagnon, nous a présenté ce nouveau propriétaire, Martin Cauchon. On aurait le goût de l'appeler Martin, dès le premier contact. Il est monté sur un bureau en disant, «je pense que comme ça je pourrai mieux vous voir». Ça m'a fait penser à Robin Williams dans La société des poètes disparus. Juste comme ça, au premier abord, on avait déjà une nouvelle vision.

Voilà quelqu'un dans le plus grand bureau qui parle des journaux régionaux, de l'information régionale avec considération et importance. Voilà qu'il nous dit: à nous six (les six journaux régionaux du groupe), «on rejoint 50% de la population du Québec». Nous aussi on entendait parler de la «montréalisation» de l'information qui faisait ombrage à ce qui se passait dans les régions. Il nous a parlé de mobilisation régionale, de la force des régions du Québec, de ce dynamisme qui anime les régions, de l'importance de nos journaux pour nos régions.

Ça faisait longtemps que je n'avais pas entendu un tel discours de quelqu'un qui n'est pas en campagne électorale. Ça va nous faire du bien de sortir du giron de La Presse de Montréal et de développer nos propres identités et nos propres modèles sur la toile informatique qui se distinguent de La Presse +. On n'avait vraiment pas envie de devenir uniquement un simple onglet de La Presse +. Cette éventualité nous semblait, quand on en discutait à l'interne, semblable à un arrêt de mort. On allait vivre dans l'ombre de La Presse, dans l'ombre de Montréal, dans l'ombre de leur ombre.

Ainsi, l'annonce de la création d'une nouvelle compagnie pour mettre sur les rails la force des médias régionaux, ça équivaut à nous sortir de cette ombre. Ouf! Véritable bonne nouvelle.

Ce qui est encore plus beau dans ce nouveau modèle d'affaires c'est que le PDG, Claude Gagnon, est un gars de chez nous, qui a travaillé plusieurs années au Quotidien et au Progrès-Dimanche. Ça fait plus chaleureux quand tu rencontres le PDG et que tu peux le saluer et l'aborder par son prénom. C'est lui, il y a 20 ans, qui m'a offert d'écrire une chronique hebdomadaire dans Le Progrès-Dimanche, à une époque où les chroniqueurs d'humeur n'existaient pas.

Jeudi après-midi, les employés avaient été convoqués à 15h45 dans la salle de rédaction pour rencontrer le nouveau propriétaire. Claude n'a pas attendu l'heure officielle pour nous rencontrer. Dès 15h il était déjà en conversation, à bâtons rompus, avec ses anciens collègues de travail, assis sur un bureau en train de parler de journaux, de communication, de Web, de défis, d'annonceurs. Il saluait les gens par leur nom, toujours souriant, en pays connu.

Ça ne veut pas dire qu'il va nous donner une augmentation de salaire, mais vous ne pouvez pas imaginer le bien que ça fait d'avoir des grands patrons, au siège social, qui parlent le même langage que vous, qui vous connaissent, qui parlent d'équipe, et qui croient en ce que vous êtes! Si, en pouvant compter sur Claude Gagnon, Martin Cauchon a acheté les six journaux régionaux, c'est sûrement parce qu'il aime nos produits, et qu'il croit en notre développement.

Le papier n'est pas mort. Nous, on le savait, on parle à nos gens, on vit dans nos milieux, on imprime encore plus de 27 000 éditions du Quotidien tous les jours de la semaine et 36 000 copies du Progrès le dimanche. C'est sûr et certain que la concurrence que sont la radio, la télévision, les médias sociaux et les inventeurs de La Presse + prenaient un malin plaisir à crier sur tous les toits que le papier était mort, mais ce n'était pas notre réalité.

Là, on fait partie d'une équipe qui ne marquera plus de but dans son propre filet. Ça augmente les chances de gagner.

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