Un médecin pour 130 $

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Qu'est-ce qu'on a pour 130$ de nos jours? Pour cette somme, on peut avoir deux... (PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Roger Blackburn
Le Quotidien

Qu'est-ce qu'on a pour 130$ de nos jours? Pour cette somme, on peut avoir deux pleins d'essence; un repas pour deux personnes au restaurant avec une bonne bouteille de vin; une paire de souliers; une paire de ski de randonnée; une nuitée dans un hôtel à l'extérieur de la région; deux billets pour la pièce Broue; un rendez-vous chez la coiffeuse avec une manucure; une dizaine de bouteilles de vin; bref une somme que plusieurs personnes se permettent de dépenser pour des loisirs, une sortie ou des objets de consommation une fois ou deux par mois.

Cette semaine, notre ado a émergé du sous-sol en se plaignant de maux de ventre, ce qui n'est vraiment pas son genre. Il n'y avait rien d'urgent, mais ça n'allait pas très bien. On s'inquiète toujours un peu dans ce genre de situation. On investigue, on finit par comprendre qu'il y a des douleurs abdominales, des brûlures d'estomac, des difficultés avec la digestion et une perte d'appétit. Rien de dramatique pour appeler une ambulance ou se rendre à l'urgence pour congestionner le système et attendre des heures, mais ça prenait tout de même l'avis d'un médecin.

La situation n'était pas urgente, mais ça pressait quand même. On a pris le téléphone pour contacter la clinique médicale privée Opti-Soins. Nous avons eu un rendez-vous dans la journée. Le diagnostique a été rendu, les médicaments prescrits, le patient content, la mère soulagée, tout ça pour 130$. Entre vous, moi et la porte fermée, ça vaut la peine de se priver d'un repas au restaurant et de dépenser 130$ pour un rendez-vous avec un médecin.

Je sais que les services de santé sont gratuits au Québec et que nous payons suffisamment d'impôts, mais un raccourci de ce genre pour 130$, c'est rassurant de savoir que ça existe. On ne peut pas être contre la médecine à deux vitesses dans ce genre de situation.

Je sais que c'est un service pour les biens nantis, mais avouez que ça ne fait de mal à personne si cette deuxième vitesse existe. Je n'irais pas chez Opti-Soins pour une opération à coeur ouvert ou pour un bras cassé, mais pour de petits problèmes qui pressent, ça vaut la peine de piger dans ses poches, ne serait-ce que pour la paix d'esprit.

Zone Talbot

La collègue Mélyssa Gagnon signait un texte concernant la Zone Talbot la semaine dernière dans la section générale du Progrès-Dimanche où on apprend que les commerces du secteur paient une taxe additionnelle de 225$ pour assurer la promotion commerciale et le développement économique du coin.

Le boulevard Talbot pourrait en effet devenir beaucoup plus intéressant comme place d'affaires avec quelques investissements majeurs. Les commerces installés des deux côtés du boulevard sont malheureusement accessibles seulement en automobile. Il est impensable pour un piéton de s'aventurer sur l'artère commerciale, été comme hiver.

Les gens d'affaires de ce secteur pourraient utiliser les sommes versées à l'organisme Zone Talbot pour planifier un aménagement urbain qui rendrait ce kilomètre commercial comme une nouvelle "maine" pour Saguenay. Il ne faut pas avoir peur de voir grand et d'imaginer ce qu'il y a de mieux pour rendre attrayant le boulevard.

On pourrait commencer par financer un service d'autobus dédié uniquement au boulevard avec deux véhicules qui feraient l'aller-retour entre Rona l'entrepôt et l'hôpital en faisant des haltes devant les différentes places d'affaires à la demande des usagers. On pourrait ainsi avoir accès aux différents restaurants, quincailleries, SAQ, commerces de détail, centres commerciaux et autres services disponibles avec un autobus qui pourraient nous ramasser au dix minutes.

Il faudrait aussi songer à aménager une piste cyclable et piétonnière d'un bout à l'autre de ce boulevard avec des lumières de circulation pour les piétons. Un jour, quand on sera plus riches, on pourra aussi songer à enterrer les fils électriques et planter des arbres pour rendre l'artère plus verte.

Talbot aurait besoin qu'on mette autant d'argent que dans la Place du citoyen. Il y a suffisamment de monde qui utilise ce secteur pour qu'on investisse des sommes considérables pour le rendre plus accessible.

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