Sombre week-end pour la LHJMQ

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Pierre-Luc Dubois a été le premier joueur de... (La Presse Canadienne, Nathan Denette)

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Pierre-Luc Dubois a été le premier joueur de la LHJMQ repêché.

La Presse Canadienne, Nathan Denette

Phil Desgagné
Le Quotidien

CHRONIQUE / La Ligue de hockey junior majeur du Québec vient de vivre un week-end sombre. Seulement 14 de ses joueurs ont été repêchés par les équipes de la Ligue nationale de hockey sur une possibilité de 210. Il s'agit de la pire performance de la LHJMQ en 25 ans. En plus, seulement huit des 14 joueurs repêchés sont d'origine québécoise.

Il y a de quoi se poser des questions. Les propriétaires des équipes investissent entre 40 et 50 millions$ par année pour que leurs joueurs réalisent leur rêve, celui d'être repêché par une formation de la LNH ou de jouer dans la LNH. Je peux comprendre que les études passent en premier et qu'on veut former de bons jeunes hommes, mais l'objectif premier de la LHJMQ est de fournir à ses jeunes les chances d'obtenir un jour un laissez-passer pour la LNH.

En voyant ces résultats, plusieurs vont mettre en doute la façon de faire de la LHJMQ ou encore la façon que les jeunes sont dirigés par la majorité des équipes. Depuis plusieurs années, la LHJMQ est considérée comme une excellente école de formation pour les entraîneurs. Plusieurs entraîneurs du Québec dirigent les équipes nationales U17, U18 et moins de 20 ans. Le dernier à avoir remporté une médaille d'or avec les moins de 20 ans est Benoît Groulx, l'ancien entraîneur des Olympiques de Gatineau. À nouveau cette année, on fait confiance à un entraîneur québécois, Dominic Ducharme, des Voltigeurs de Drummondville, pour diriger l'équipe des moins de 20 ans.

Il faut quand même regarder de près la situation, car les résultats sont inquiétants. Lors des assises de la LHJMQ à Charlottetown, tout le monde était unanime à dire que les joueurs exceptionnels n'étaient pas là dans la cuvée de cette année. Il faudra peut-être regarder les structures du hockey mineur de tout le Québec. On parle de la Ligue de hockey midget AAA et de tout le hockey élite du Québec. Les résultats doivent être regardés à la loupe. Oui, on peut parler d'une mauvaise année. J'accepte ça. Mais regardez l'Ontario, l'Ouest et les collèges américains. Ils connaissent du succès d'année en année. Qu'est-ce qui arrive à la Ligue de hockey junior majeur du Québec? La question mérite d'être posée.

Gilles Courteau se pose les mêmes questions et les propriétaires des équipes voudront des réponses dans les prochains mois.

La LHJMQ a quand même eu droit à une belle surprise quand Pierre-Luc Dubois, qui faisait partie des principaux prospects, a été choisi troisième au total. Dans le cas de Julien Gauthier, il faisait partie des candidats pour le premier tour et il a réalisé son rêve.

La question que tout le monde se posait touchait le sort réservé aux autres Québécois et principalement au petit défenseur Samuel Girard, des Cataractes de Shawinigan. Au début du repêchage, Samuel était classé 45e selon TSN. Il a été repêché au 47e rang par les Predators de Nashville. Pour lui, c'est un soulagement. Maintenant, le plus gros reste à venir. Il doit démontrer à tous que son talent exceptionnel lui permettra de jouer un jour dans la LNH, malgré son petit gabarit. Mais il devra franchir toutes les étapes. Il devra terminer son stage junior et probablement jouer une ou deux saisons dans la Ligue américaine de hockey. Comme toujours, il va surprendre les observateurs, déjouer les experts et atteindre la LNH.

Je suis déçu que le Canadien de Montréal n'ait pas fait d'efforts pour sélectionner le jeune Girard. Au début du repêchage, le Canadien avait deux choix de deuxième tour et on pouvait espérer que Girard se retrouve avec le Tricolore. Mais Marc Bergevin avait d'autres plans en tête. Il a échangé ces deux choix de deuxième ronde. Quand son tour est arrivé en troisième ronde, Girard était parti depuis longtemps.

Un peu plus tard, Frédéric Allard, des Saguenéens de Chicoutimi, a lui aussi été repêché par Nashville. Dans quelques années, deux Québécois, Girard et Allard, seront peut-être les leaders de la défensive de Nashville. Avec un meneur comme Shea Weber, ils auront un modèle extraordinaire pour progresser et apprendre les rudiments du hockey professionnel.

Le Canadien, la seule équipe de hockey professionnelle du Québec, n'a pas repêché un seul joueur de la LHJMQ. Lors du dernier tour, alors que le Canadien n'avait plus de choix, une transaction a été effectuée. À ce moment-là, j'ai cru que le Canadien remédierait à la situation en choisissant un Québécois. Ce ne fut pas le cas. Il a plutôt choisi un autre défenseur. Je suis convaincu que tous les partisans du hockey québécois ont été déçus par la décision du Canadien de ne repêcher aucun joueur de la LHJMQ.

Propos recueillis par Serge Émond

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