20 ans de souvenirs dans la LHJMQ

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Kevin Lowe était un gars exceptionnel sur la glace. Il avait un respect tout à fait particulier pour les arbitres.

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Phil Desgagné
Le Quotidien

CHRONIQUE / Suite à ma chronique sur le 3001e match de l'histoire des Saguenéens de Chicoutimi, plusieurs personnes m'ont demandé de raconter des souvenirs qui ont marqué mes 20 ans comme arbitre dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Je pourrais vous en raconter pendant très longtemps, mais je vais me concentrer aujourd'hui sur certains éléments qui ont marqué mon passage dans la LHJMQ.

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Michel Bergeron est l'entraîneur avec qui notre chroniqueur a eu la meilleure relation.

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Pat Lafontaine essayait de parler français lorsqu'il jouait dans la LHJMQ.

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Débutons par les entraîneurs que j'ai eu l'occasion de côtoyer. À cette époque, plusieurs des instructeurs de la ligue étaient des vedettes. Il suffit de se rappeler des Rodrigue Lemoyne, Roger Bédard, Orval Tessier, Michel Bergeron, Ron Lapointe, Ghislain Delage, Ron Racette, Pat Burns et Maurice Filion. Je pourrais vous parler de Jacques Lemaire. C'était à peu près le seul entraîneur avec qui j'avais une mauvaise relation. Mais c'est de l'histoire ancienne. C'était aussi les débuts de Gaston Drapeau dans la LHJMQ.

Il y avait une bonne communication entre les instructeurs et les arbitres. Avant les parties, je me permettais souvent de prendre un café avec certains entraîneurs. Oubliez ça aujourd'hui. C'est une autre génération.

Il faut aussi dire que j'avais le même âge que certains de ces instructeurs. La relation et le dialogue étaient assez faciles.

L'entraîneur avec qui j'ai eu la meilleure relation est Michel Bergeron, qui dirigeait les Draveurs de Trois-Rivières. Je m'entendais bien avec lui. Souvent, pendant des matchs où la foule n'était pas d'accord avec mes décisions, il m'appelait au banc de son équipe et nous ne parlions même pas de la décision que je venais de prendre sur la glace. Il me demandait comment s'était déroulé mon voyage ou si j'avais besoin de quelque chose après le match. Nous parlions de différents sujets. Selon lui, il fallait donner un peu de spectacle.

Rodrigue Lemoyne a aussi été ce genre d'entraîneur. Il me disait souvent: «Phil, les gens payent et il faut leur en donner un peu plus. Je voudrais te parler un peu».

Ce serait difficile aujourd'hui de vivre les mêmes expériences, car les temps ont changé. Les arbitres sont plus jeunes et les relations entre les arbitres et les entraîneurs sont très différentes. Il n'y en a pratiquement pas. Dans mon temps, nous avions même des rencontres avec les entraîneurs.

Un soir, Roger Bédard, qui dirigeait le Junior de Montréal, s'est mis à crier après moi vers la fin d'un match alors que le pointage était de 4-4. Je ne l'écoutais pas, jusqu'au moment où il m'a crié: «Toi, mon c... de Bleuet.» Je lui ai donné une pénalité mineure qui a finalement coûté le match à son équipe. Après la rencontre, il est venu me voir pour s'excuser de m'avoir attaqué personnellement. Il avait promis de se contenter de crier après moi dans le futur et il m'avait rappelé que les attaques personnelles n'étaient pas permises.

J'ai aussi eu de bonnes relations avec certains joueurs. Je veux vous parler de deux en particulier, Kevin Lowe et Pat Lafontaine. C'était des gentlemen. Kevin Lowe, qui était le capitaine des Remparts de Québec et qui est maintenant vice-président et gouverneur suppléant des Oilers d'Edmonton, était un gars exceptionnel sur la glace. Il avait un respect tout à fait particulier pour les arbitres. Pat Lafontaine était un Américain qui avait quelques mots de français dans son vocabulaire. De mon côté, je n'étais pas très bon en anglais. À chaque rencontre, il se faisait un devoir de venir me voir. Il essayait de me parler en français et j'essayais de baragouiner en anglais. Nous avions une excellente relation.

Les gars avec qui j'avais la meilleure relation étaient les hommes forts. À cette époque, il y en avait deux ou trois par club, même quatre dans certains cas. Ces joueurs avaient la possibilité de nous causer des problèmes à certains moments. Ils pouvaient te faire bien paraître ou mal paraître. Il était préférable de bien s'entendre avec eux.

Ceux avec qui j'avais un peu plus de difficultés étaient les vedettes. Ils étaient souvent attaqués par les joueurs adverses. À ce moment-là, l'arbitrage était beaucoup plus permissif que maintenant. Ils avaient donc probablement raison d'être un peu plus sévères envers les officiels. J'étais ce genre de joueur quand je jouais au hockey junior. Les arbitres n'étaient pas nécessairement mes meilleurs amis, car j'étais souvent la cible des adversaires.

Je m'arrête ici, mais je pourrais m'étendre longtemps sur mes 20 années comme arbitre dans la LHJMQ. Propos recueillis par Serge Émond

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