La rentrée avec 4 enfants

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«Tous les parents qui liront ceci savent pertinemment... (Pascal Ratthé, Archives Le Soleil)

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«Tous les parents qui liront ceci savent pertinemment que la rentrée scolaire coûte de plus en plus cher.»

Pascal Ratthé, Archives Le Soleil

Mélyssa Gagnon

Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Le rideau est tombé sur nos vacances d'été. Je suis rentrée au travail lundi, habitée de sentiments mitigés. Un peu morose de devoir reprendre du service après plus de deux semaines passées sans réveille-matin ni routine et plutôt détachées de l'actualité. Une période de relâche et de petits plaisirs consacrée uniquement à la famille et à la visite de nos proches, à voir un peu de pays et à apprécier les hauts et les bas de la vie ensemble. Mais comme toute bonne chose a une fin, j'ai fait contre mauvaise fortune bon coeur. Là, je dois trouver l'énergie, et les sous, pour faire face à la rentrée.

Dans un peu plus d'une semaine, trois de mes quatre enfants prendront le chemin de l'école et gagneront ainsi leur classe de maternelle, de première et de troisième année. La cadette restera au centre de la petite enfance. Je détiens les listes de fournitures scolaires depuis déjà un bon moment, mais je les ai ignorées tout l'été. Ça faisait partie du plan: un balayage sous le tapis pleinement assumé et impératif au maintien de mon équilibre mental. Dès la fin des classes, je ne voulais plus entendre parler de calendrier, d'horaires et de boîtes à lunch. J'avais juste envie de casser la routine, de laisser les mousses socialiser avec leurs amis du quartier et courir sur les terrains de soccer.

Mais la réalité nous rattrape assez vite merci. La semaine dernière, le gros bon sens m'a signifié qu'il serait sage d'extirper la liste du dessous de la pile où je l'avais cachée, ne serait-ce que pour me faire une tête. Je n'ai pas sursauté en la balayant des yeux. J'avais encaissé le choc l'an dernier.

Tous les parents qui liront ceci savent pertinemment que la rentrée scolaire coûte de plus en plus cher. Des voix se sont souvent élevées pour dénoncer le fait que l'éducation gratuite et universelle n'est devenue qu'utopie, une fabulation à laquelle nos gouvernements tentent encore de nous faire croire. Avec trois enfants d'âge scolaire, la facture est salée.

Au moment d'écrire ces lignes, les fournitures ne sont pas encore acquises. Je sais d'ores et déjà que nous en avons pour 150$, au bas mot, en crayons, cahiers, marqueurs et autres trucs à enfouir dans le sac à dos. Il y a aussi les étiquettes autocollantes servant à identifier les articles d'école. Je n'ai plus le courage de tout faire ça à la mitaine. Dans la vie, il faut choisir ses combats.

La liste me dit aussi que nous devrons débourser près de 350$ pour l'achat d'agendas et de manuels scolaires. S'ajoutent à cela les coûts relatifs au rafraîchissement des garde-robes. On le sait, les mousses poussent comme des champignons et mènent la vie assez dure à leurs vêtements. J'estime à environ 600$ l'investissement requis. La barre des 1200$ est déjà franchie, en attendant la première facture du service de garde.

Pédagogiques

Pendant les vacances, j'ai appris que la contribution des parents pour les journées pédagogiques passera de 8$ à 16$ par jour par enfant à la suite de coupes dans les subventions accordées aux services de garde en milieu scolaire. Cette somme exclut les coûts relatifs aux sorties. Avec 20 pédagos dans l'année, elles deviennent carrément inaccessibles pour la majorité des parents de plus d'un enfant. Mon chum et moi allons revoir notre stratégie cette année, quitte à prendre quelques congés ou à solliciter l'implication des grands-parents de façon ponctuelle. D'autant plus que septembre annonce également la reprise des activités parascolaires. Nous avons fait le choix concerté d'offrir aux enfants la chance de pratiquer un sport et d'apprivoiser un instrument de musique. Il s'agit là d'une décision de famille, bien personnelle, dont nous croyons profondément en la pertinence. On y consacre une bonne partie du budget, au détriment de repas au resto, de week-ends sur les pentes ou de séjours sous les tropiques. Pas mal de temps et d'énergie aussi, il faut l'admettre.

Chez nous, sans doute comme chez vous, l'automne ne sera donc pas de tout repos et va résolument nous coûter une petite fortune. J'essaie tout de même de voir le tout avec philosophie. Être fauché et en déficit de sommeil, n'est-ce pas là le propre de la parentalité? À vous tous, une agréable et sereine rentrée!

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