Remettons les pendules à l'heure

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Canabis

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Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / Le monde capote beaucoup avec la légalisation du pot.

Jusqu'à tout récemment, je regardais tout ça avec amusement, puis après en avoir discuté avec mon entourage, j'ai réalisé que certaines de leurs inquiétudes valaient vraiment la peine d'être prises en considération.

Évidemment, si j'en suis venu à cette conclusion, c'est parce que ma blonde a fini par jouer avec ma corde sensible de père et du coup, j'ai réalisé que ça modifiait considérablement mon point de vue. Parce que oui, comme tous les enfants du monde, mon garçon finira par grandir et si le karma existe, je peux vous en passer un papier, ça risque d'être parfois très rock n' roll.

Alors vite comme ça, des gens s'inquiètent d'une multiplication des cas de schizophrénie ou autres troubles psychologiques, car oui, la consommation de pot peut agir en tant que catalyseur dans de tels cas. Ici, j'aimerais bien vous dire que tout ça ne relève que du délire, mais pour avoir connu un ami à l'adolescence qui a malheureusement « viré sur le top » à cause de la drogue, je serais de mauvaise foi de nier tout ça. Certes, la maladie se serait peut-être déclarée un jour ou l'autre sans drogue, mais je n'ai aucun doute comme quoi ça n'a vraiment pas dû l'aider.

Sinon, même si on prête bien des vertus thérapeutiques au pot, ça demeure quand même un produit qui peut être nocif si, par exemple, il n'est pas consommé adéquatement.

Maintenant, la légalisation du pot provoquera-t-elle la chute de la société ? Je me contenterai de vous répondre une fois de plus par un « non » bien senti.

En fait, je crois qu'on devrait profiter de ce virage historique pour remettre les pendules à l'heure quant à nos habitudes de consommation. Et ici, je pense au pot, mais aussi à l'alcool et aux médicaments.

Par souci de transparence, je vous avouerai que je ne suis vraiment pas un grand consommateur d'alcool. J'en bois quand l'occasion s'y prête et même là, je n'ai aucun problème à passer mon tour. Ce n'est pas que je n'aime pas l'alcool. C'est seulement qu'après un verre ou deux, ça me rentre dans le corps et si je ne suis pas en train de lutter contre la nausée, c'est que je risque de m'endormir d'une seconde à l'autre. La grande ironie dans tout ça, c'est que j'aurais vraiment aimé être capable de boire un verre après le travail comme dans les films, mais bon, c'est la vie.

Toutefois, je ne sais pas si c'est moi qui suis parano, mais j'ai souvent l'impression que le fait de ne pas boire me place souvent en marge des autres. Par exemple, dans plusieurs émissions de télé, on se plaît à donner une image glamour de l'alcool en nous présentant des cocktails concoctés par des mixologues et à entendre parler les chroniqueurs et les animateurs, c'est là la meilleure solution pour profiter de la vie.

Même son de cloche pour Tout le monde en parle où, lorsqu'un invité décline l'offre de boire, on sent toujours un minimalaise sur le plateau. En fait, quand on refuse un verre, ce n'est pas très compliqué, car la première chose qui viendra à l'esprit des autres, c'est : « Ah ! Je ne savais pas qu'il avait des problèmes d'alcool ». 

Ici, qu'on se comprenne bien. Je n'essaie pas de vous dire qu'on devrait bannir l'alcool, mais il me semble que depuis que je suis enfant, je n'ai jamais vu autant d'alcool à la télé et dans les médias. Peut-être aussi que c'est parce que je suis plus alerte et qu'en réalité, rien n'a changé. 

Il reste que c'est bien beau de rappeler sans cesse à tout le monde de ne pas prendre le volant en état d'ébriété, mais les effets négatifs associés à l'alcool sont beaucoup plus nombreux. Sans démoniser l'alcool, ça ne serait peut-être pas fou de réfléchir ensemble sur la place qu'on fait à l'alcool dans notre société.

Je vous le dis, c'est une belle occasion qui s'offre à nous.

Si tout le monde finit par apprendre comment faire en sorte que le party reste un party, on sera seulement plus de fous à la fin et on rira un peu plus. Et ça, en cette époque obscure, on en a vraiment besoin !

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