ADN numérique

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On peut maintenant stocker des informations numériques dans de l'ADN.

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Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / C'est une nouvelle plutôt révolutionnaire qui est passée sous le radar de bien des gens.

Le truc, c'est qu'en plein mois de juillet, alors que le soleil nous chauffe de ses puissants rayons, c'est le moment idéal pour qu'une grosse nouvelle passe dans le beurre.

Alors c'est quoi cette nouvelle? Eh! Bien!, c'est que, voyez-vous, on peut maintenant stocker des informations numériques dans de l'ADN.

Oui oui, vous avez bien lu. Ainsi, des chercheurs ont trouvé le moyen de transformer l'ADN en une espèce de grosse clé USB.

Maintenant, si par malheur des scientifiques lisaient ce papier, je vous prierais de m'excuser pour cette vulgarisation maladroite, mais grosso modo, il reste que c'est pas mal la façon la plus simple d'expliquer ce procédé révolutionnaire qui a vu le jour grâce à une collaboration entre l'Université de Washington et Microsoft.

Efficace

Évidemment, plusieurs d'entre vous seront tentés de me demander quelle pourrait être l'utilité de stocker des informations dans de l'ADN et l'une des raisons majeures est que l'ADN permet d'emmagasiner une quantité importante de données, et ce, à l'intérieur d'un volume beaucoup plus miniature que les outils que nous utilisons jusqu'ici.

Juste pour vous donner une idée de l'efficacité de stockage de l'ADN, des chercheurs estiment que nous pourrions emmagasiner toute l'information numérique contenue sur Internet dans un espace aussi réduit que la moitié d'un coffre d'automobile. Certains chercheurs parlent même d'un espace aussi minuscule qu'une boîte à chaussures.

De plus, à la différence des outils de stockage plus « traditionnels » comme les clés USB ou les disques durs externes, l'ADN a une durée de vie de plusieurs milliers d'années alors que les supports « classiques » ne dureront au mieux que quelques dizaines d'années.

Cela dit, il serait encore beaucoup trop tôt pour jeter aux ordures tous vos dispositifs de stockage numérique, mais l'exploit accompli par l'Université de Washington et Microsoft demeure un bond majeur en ce qui concerne les récentes avancées technologiques.

À titre d'exemple, on n'a qu'à penser aux nombreux centres d'hébergement de données ici et là sur la planète qui ont besoin d'importantes ressources d'énergies afin de protéger les milliards d'informations précieuses qui y sont stockées. Ainsi, on peut donc présumer que dans plusieurs années, lorsqu'on aura trouvé le moyen de maximiser le potentiel de l'ADN, on pourra alors réduire considérablement la pollution causée par l'hébergement des données.

Retour vers le futur

Sinon, au-delà de ces éventuelles économies importantes d'énergie et d'espace, il reste que tout ça donne quand même un peu la chair de poule.

En effet, en sachant que des molécules naturelles ont de telles propriétés, on est en droit de se demander combien d'années nous séparent encore de ces exploits, qui jusqu'ici faisaient encore partie des simples fantasmes sortis tout droit de l'imagination des auteurs de science-fiction.

Biohacking

Et pour ceux et celles qui rigolent en lisant ces lignes tout en se disant que j'ai trop carburé aux récits de Philip K. Dick ou Richard Matheson, sachez qu'à ce titre, on est encore plus dans le futur qu'on ne pourrait l'imaginer. Ici, on n'a qu'à penser à l'association Cyborgs qui a été fondée à Berlin à la fin de 2013 et qui réunit des adeptes de biohacking.

Pour les néophytes, le biohacking est une pratique où des individus modifieront leurs sens à l'aide de dispositifs technologiques. Certains individus sont même arrivés à modifier leur corps à un tel point qu'ils ont façonné de nouveaux sens qui peuvent par exemple leur permettre de ressentir à distance d'éventuelles secousses sismiques. C'est notamment le cas de Moon Ribas, une femme d'origine espagnole.

Alors hop, le futur est bel et bien arrivé.

Nous y voilà maintenant plongés.

Demain, nous serons tous de gigantesques clés USB sur deux pattes.

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