Une histoire plutôt cocasse

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CHRONIQUE / Ça a commencé dans un autobus alors qu'Émilie, ma petite amie de... (Photo courtoisie)

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Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / Ça a commencé dans un autobus alors qu'Émilie, ma petite amie de l'époque, avait remarqué deux Français qui avaient de la difficulté à trouver leur chemin.

Dans sa gentillesse, Émilie aura donc accepté de leur donner un coup de main et de fil en aiguille, j'aurai fini par rencontrer ces deux fameux Français pour ainsi me lier d'amitié avec l'un d'eux. Je vous dirais bien que c'était Greg, mais comme les deux Français en question se nommaient Greg, ça ne vous avancera pas plus. Alors hop, si je vous dis que je suis devenu pote avec Greg, j'imagine qu'on peut quand même se comprendre.

Puis, Greg sera tombé en amour avec Renée, une Québécoise.

Au fil des années suivantes, j'aurai passé quelques soirées ici et là avec lui et disons-le, on aura pleinement profité de ces moments pour faire ensemble les 400 coups. Par exemple, on aimait bien traîner dans la rue et dès qu'on choisissait une victime, l'un de nous deux marchait derrière elle tandis que l'autre complice s'avançait en sa direction. Ce dernier tendait alors la main en guise de salutations et dès que la victime visiblement confuse s'apprêtait à faire de même, le complice qui marchait derrière lançait un « salut mon pote », laissant en plan la pauvre victime.

Et puis hop, Greg et Renée sont partis vivre en Australie et bien que les kilomètres nous séparaient, nous avons toujours gardé contact. Au début, c'était par l'entremise de longs courriels fleuves et quand Facebook est arrivé, on savait pratiquement les grandes lignes que vivait l'autre en temps réel.

Au cours des 18 années suivantes, on n'aura eu la chance de se voir qu'une seule fois. Un truc de quelques minutes qui se loge dans vos souvenirs, juste à côté des rêves qui semblaient pourtant si vrais.

Mais, le destin est parfois un fin finaud et voilà qu'il nous a préparés une sacré surprise. Voilà que l'UQAC avait besoin d'un intervenant pour un colloque et par un hasard pas possible, parmi toutes les universités inimaginables, c'est Renée qui a été invitée à Chicoutimi.

Ainsi, Greg, Renée et leurs deux garçons ont fait la route de Baltimore jusqu'ici.

C'était la toute première fois de ma vie que je retrouvais un vieil ami après tant d'années. J'imagine qu'à une autre époque, on se serait étonné de constater à quel point nous avions vieilli et tout le tralala, mais à l'époque des réseaux sociaux, c'était comme si nous avions bu une bière ensemble la veille.

Alors au lieu de passer des heures et des heures à se remettre à jour quant à nos vies, on a tout simplement profité du bon temps que nous avions à notre disposition.

Évidemment, on s'est aussi remémoré nos vieux souvenirs et par la force des choses, nous sommes revenus sur les origines de notre première rencontre.

Du coup, pendant près de 18 ans, ma version était celle que je vous ai racontée en début de chronique. Or, il me manquait quelques pièces du casse-tête.

En effet, Greg m'a confié qu'à l'époque, comme Greg et Greg étaient de jeunes célibataires en voyage, leur méthode de drague consistait à traîner une carte routière sur eux et lorsqu'ils apercevaient une jolie demoiselle, ceux-ci jouaient le rôle des touristes égarés et vous le devinerez, cela facilitait grandement les rapprochements.

Dans le cas d'Émilie, on peut parler d'un demi-succès étant donné que ça s'est seulement soldé par une histoire d'amitié, mais c'est aussi grâce à cette méthode que Greg a fini par fonder une famille avec Renée.

Bien entendu, nous n'attendrons pas un autre 15 ans avant de se revoir. Alors hop, la prochaine fois, c'est nous qui ferons le chemin d'Alma jusqu'à Baltimore, et ce, même si ça me fout un peu la trouille. Parce que voyez-vous, à Baltimore, ça joue dur. À ce que Greg me disait, la rue où vous habitez peut être l'endroit le plus peinard du monde alors que deux rues plus loin, des types se font fusiller chaque semaine.

Mais bon, si jamais je me retrouvais en danger, je n'aurai qu'à sortir une carte routière. J'imagine que ça fonctionne aussi à Baltimore.

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