La chronique à Charlot

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Notre chroniqueur vit une étape importante: son fils... (Photo 123RF)

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Notre chroniqueur vit une étape importante: son fils est maintnenant capable de lire toutes ses chroniques sans aide.

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Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / Il va maintenant falloir que je fasse attention à ce que je vous raconte ici les amis. Yep.

Je vous dis ça, car jusqu'ici, peu importe ce que j'écrivais, ça restait entre vous et moi. Mais là, comme dirait Paula dans Les jeunes loups, « la game a changé ». 

Là, n'allez surtout pas croire que je vous dis ça parce que j'ai été embauché en tant que chroniqueur pour une grosse émission de télé ou un truc du genre. Ou parce que j'animerai une grosse émission de radio. 

Non. C'est encore plus gros les amis.

Mon fils, le célèbre Charlot, lit maintenant mes chroniques du samedi.

Ç'a commencé il y a deux semaines, je crois.

Au début, c'était ma blonde qui la lisait avec lui en filtrant subtilement un ou deux passages ici et là, mais la semaine dernière, il l'a toute lue sans l'aide de personne.

Alors hop, quand je suis arrivé chez ma soeur pour l'anniversaire de ma nièce Julianne, Charlot m'a sauté au cou pour ensuite m'annoncer qu'il avait lu ma chronique au complet.

Joie et doute

Évidemment, ça m'a fait tout chaud au coeur, mais l'instant d'après, je me suis intérieurement demandé : « Mais bordel, c'est quelle chronique qu'ils ont publié aujourd'hui ? » 

Puis, après avoir ressenti un léger sentiment de panique, je me suis souvenu que c'était un truc super léger dans lequel je racontais notre visite en famille au coeur de nos souvenirs de Chicoutimi.

De toute façon, comme me le rappellent souvent certains vieux amis, à seulement 37 ans, je suis déjà un vieux chroniqueur, et ce, dans le sens où j'ai déjà goûté à cette euphorie que procure une bonne chronique incendiaire. Ainsi, le jeune vieux chroniqueur que je suis se contente désormais de raconter la vie dans sa banalité la plus extrême et, entre vous et moi, c'est la recette idéale pour se fondre dans le décor et passer presque inaperçue.

Rien de banal

Cela dit, je vous raconte ça, car le fait que mon fils puisse maintenant lire ce que j'écris pourrait sembler bien banal pour la plupart des gens, mais ça n'a justement rien de banal pour moi. 

En fait, c'est là une étape que je redoute depuis au moins sept ans pour dire vrai. Car même si je ne signe plus autant de textes enflammés qu'à une certaine époque, ce que je vous raconte à vous n'a rien à voir avec ce que je raconte à Charlot. Et là, n'allez surtout pas croire que je « bullshit » quelqu'un dans cette histoire, qu'il s'agisse de mon fils ou de vous, chers lecteurs et chères lectrices.

C'est juste que lorsque je m'adresse à Charlot, disons que je formule mes propos autrement que lorsqu'il s'agit de sujets que je juge comme étant trop adultes. Pas nécessairement les trucs rock n'roll ou les trucs en bas de la ceinture, mais les trucs d'adultes comme les inégalités sociales, le racisme, la pauvreté et ainsi de suite.

Sensibilisation

Certes, je me fais un devoir de le sensibiliser à ces choses, mais peut-être pas dans les mêmes mots et les mêmes tournures de phrases que j'emploie avec vous.

Et pourtant, plus j'y pense et plus je me dis que je m'adresse peut-être malgré moi de façon plus intelligente à Charlot qu'à vous. Et ici, je tiens à mettre l'accent sur mon emploi de « malgré moi ». C'est surtout pas contre vous.

Par exemple, au lieu de résumer bêtement une problématique dont tout le monde est conscient pour ensuite conclure par quelque chose comme « c'est vraiment poche », avec Charlot, je prendrai le temps de décortiquer la problématique tout en choisissant soigneusement mes mots et, généralement, je finirai toujours pas une formule-choc du genre : « Donc, c'est pour ça que tu dois faire attention à cela, car tu es le futur et c'est toi qui aura le pouvoir de changer ça ».

Donc voilà, j'espère que mes boss ne capoteront pas trop avec ça, car ils l'apprendront en même temps que vous, mais à partir de maintenant, j'essaierai de m'adresser à vous et à Charlot dans ma chronique du samedi.

Alors Charlot, si cette formule ne te plaît pas, tu n'auras qu'à me dire gentiment que ça ne t'intéresse plus de me lire. De toute façon, tu es le futur et c'est toi qui auras le pouvoir de changer ça.

Ah! et en passant, je t'ai-tu déjà dit que je t'aime ?

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