Ces paroles qui marquent

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« Parfois, on aura beau lire le plus pertinent... (123 RF)

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« Parfois, on aura beau lire le plus pertinent des bouquins de la planète et une fois qu'on l'aura refermé, il n'en restera pratiquement rien dans notre mémoire.»

123 RF

Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / Il y a quelques jours, mon ami Dany Lemay est passé nous voir à la maison.

Puis, voilà qu'à un moment donné, alors que nous jasions de tout et de rien sur le patio, Dany m'a rapporté des propos que Félix Leclerc aurait dit à Robert Charlebois. 

Maintenant, je ne voudrais surtout pas ruiner le patrimoine de Leclerc en me réappropriant maladroitement ses mots, mais en gros, ça disait quelque chose comme : « On ne vit pas une seule vie. On vit plusieurs vies dans une seule vie. »

Il doit bien s'être écoulé une centaine d'heures depuis que Dany m'a dit ça et pourtant, ces paroles me tournent sans cesse dans la tête.

Cette histoire peut sembler bien banale, mais si je vous en parle, c'est que je suis habité par cette conviction qu'elle est en fait beaucoup plus révélatrice qu'elle ne peut le sembler.

Et ici, j'aimerais attirer votre attention sur ces choses qu'on vous dit comme ça sans prétention et qui se forgeront une place dans votre mémoire jusqu'à la fin de vos jours.

Par exemple, il y a quelques années de cela, je vous racontais dans cette chronique qu'au sujet de l'économie, l'ami Lafo m'avait dit qu'à son humble avis, l'économie n'avait rien à voir avec l'argent, car c'était plutôt une question d'énergie.

Il y a, cette fois aussi, où alors que nous étions de jeunes musiciens encore remplis d'espoir de profiter d'une glorieuse carrière, nous pratiquions dans notre local tout en méprisant un des groupes de l'heure qui jouissait alors d'une popularité hallucinante en raison d'un tube aux paroles et aux arrangements archiconventionnels. J'ignore pourquoi, mais ce jour-là, Claude Martel se trouvait à être présent dans notre local et, à la suite de nos blagues méprisantes, il nous avait répondu sommairement : « Oui, mais eux, ils ont fait au moins un tube et ça leur permet maintenant de concrétiser leurs rêves associés à la musique ». 

Vous dire à quel point ces paroles nous avaient cloué le bec !

Je pense aussi à cette fois où j'étais dans la jeune vingtaine et où je travaillais comme réceptionniste de nuit dans un hôtel. Chaque soir, le concierge nommé Charley prenait un petit moment pour discuter avec moi. On parlait de tout et de rien, mais chaque fois, j'appréciais ces petits moments avec lui. Puis un soir, alors que nous échangions à propos de certains hommes d'affaires de la ville, mais plus particulièrement de leur moralité parfois très douteuse, Charley m'avait affiché un grand sourire avant de me dire : « Tu sais Joël, je n'ai peut-être pas un compte en banque qui déborde, mais chaque soir quand je me couche, je me dis qu'au moins, je me paie le luxe de dormir sur mes deux oreilles. »

D'ailleurs, même si ce n'est pas entièrement à cause de lui, il reste qu'il y a une bonne partie de lui qui explique pourquoi mon fils s'appelle Charles.

C'est quand même ironique quand on y pense, car parfois, on aura beau lire le plus pertinent des bouquins de la planète et une fois qu'on l'aura refermé, il n'en restera pratiquement rien dans notre mémoire, si ce n'est qu'un vague souvenir d'un fleuve de mots.

Puis hop, un soir où vous sirotiez une bière, fumiez paisiblement du tabac qui fait rire en bonne compagnie ou attendiez tout simplement que votre quart interminable de travail tire à sa fin, c'est un rockeur, un soudeur ou un concierge qui plantera dans votre tête la graine qui finira par devenir tout un jardin influençant à jamais votre façon de voir la vie.

Certes, la sagesse, on en trouve dans certains livres, mais trop souvent, elle est là tout autour de nous et elle ne demande qu'à être cueillie.

Alors, hop, si jamais vous cherchez un sujet de livre, faites-moi signe. Je vous proposerai de rédiger un guide pour déceler les paroles de sagesse autour de nous. Je serais vraiment preneur.

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