Si on parlait des personnes âgées

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
«Dites-moi donc quelle espèce de société sommes-nous devenus... (123RF)

Agrandir

«Dites-moi donc quelle espèce de société sommes-nous devenus pour mettre à l'écart nos personnes âgées?»

123RF

Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / C'est pas un sujet très jojo, mais bon, depuis quelques semaines, ce sont des questionnements qui me hantent.

Comme je vous ai raconté dans mes dernières chroniques, je me suis fait un devoir d'aller rendre visite chaque dimanche à madame Lulu, mon ancienne voisine, qui a dû aller habiter dans une résidence pour personnes âgées.

Cela fait donc en sorte que chaque semaine, je suis confronté à une réalité à laquelle nous aimons plus ou moins penser en tant que société : la vieillesse.

Maintenant, au risque de gâcher votre journée, j'ai le désagréable devoir de vous rappeler que nous allons tous vieillir. Même que, sans vouloir vous faire fondre en larmes, nous vieillissons déjà tous.

Ainsi, chaque fois que j'entre dans la résidence pour personnes âgées, je vois tous ces gens qui ont certainement eu une vie active comme vous et moi. Je dirais même qu'ils ont certainement eu une vie beaucoup plus remplie que les nôtres étant donné que l'existence de l'adulte moyen des années 2000 se limite généralement à regarder des photos sur son iPad ou sur son téléphone après avoir passé la journée à bosser devant son ordinateur.

Alors, qu'en faisons-nous de nos personnes âgées ?

Certes, ça va dépendre de bien des facteurs.

Tout d'abord, le point primordial à considérer est évidemment l'autonomie d'une personne âgée. En effet, si celle-ci peut vaquer librement à ses obligations sans jamais risquer de causer un incendie dans sa maison, pourquoi lui demanderions-nous de quitter sa demeure ?

Mais une fois que l'autonomie d'une personne âgée est altérée de façon à ce que cela comporte un risque pour sa propre santé et sécurité, les choses deviennent soudainement plus compliquées.

À une autre époque, la personne aurait été prise en charge par l'un de ses enfants, mais les temps ont bien changé. Aujourd'hui, on va souvent prendre décision de « parker » cette personne dans une résidence. Et ici, soyez assurés que je suis très conscient de la gravité des mots que j'emploie. Or, appelons un chat un chat et osons le dire, mais chaque dimanche, j'en vois des dizaines et des dizaines de ces gens qui ont été « parkés » et condamnés à passer leurs journées entières dans un lobby à dévisager les visiteurs qui viennent s'y aventurer.

Je l'ignore pour vous, mais en ce qui me concerne, ça me déchire le coeur.

Dites-moi donc quelle espèce de société sommes-nous devenus pour mettre à l'écart nos personnes âgées?

Déjà qu'on ne leur laisse pratiquement aucune tribune pour s'exprimer à cette époque où la jeunesse et les esprits branchés sont les symboles d'une société bien vivante, il faudrait en plus « entreposer » nos personnes âgées au loin des regards afin de ne pas nous rappeler que demain, ça sera notre tour ?

Car c'est aussi ça qui m'horrifie dans cette histoire.

Nous sommes tous et toutes les personnes âgées de demain et pas même les avancées incroyables de la science nous permettront d'échapper à ce sort. Au mieux, elles aideront certaines personnes à faire reculer le moment fatidique où elles ne pourront plus se passer de l'aide des autres, mais la vieillesse finira infailliblement par nous rattraper.

Alors c'est quoi le truc ? On donne des coups de pelles et on envoie ça par en avant sans trop regarder ? On prie le ciel que le Bon Dieu nous gratifie d'une bonne crise de coeur avant que les choses ne dégénèrent ?

Bien entendu, j'aimerais bien vous arriver avec une piste de solution du tonnerre et vous dire : « Hey gang, il faudrait au moins faire ça », mais je n'ai même pas le début d'un semblant de piste à proposer.

Toutefois, je serais très intéressé de connaître votre point de vue à ce sujet. Par exemple, je serais très curieux de savoir ce qu'en pensent les personnes devant composer avec les obstacles associés au fait de vieillir. Aussi, j'aimerais bien savoir ce que comptent faire ceux et celles dont l'autonomie d'un ou de leurs parents est de plus en plus fragile.

Qui sait, peut-être que vos témoignages me feront réaliser que tout ça, c'est en grande partie dans ma tête et que je ne regarde pas le monde avec les bonnes lunettes. Pour vous dire vrai, je ne pensais pas dire ça un jour avec autant de détermination, mais j'espère sincèrement être complètement dans le champ.

Alors hop, j'espère que vous serez nombreux et nombreuses à vous exprimer à ce sujet. Car à la fin, ça nous concerne tous et toutes.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer