Werber, les chats et la saveur des fourmis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Bernard Werber...

Agrandir

Bernard Werber

Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / Je devais avoir quelque chose comme 15 ou 16 ans la première fois où je suis tombé sur un livre de Bernard Werber. J'ignore encore pourquoi un tel bouquin avait attiré mon attention, mais je me souviens encore très bien d'avoir littéralement dévoré ce premier tome de la trilogie Les Fourmis.

En fait, j'avais tellement été aspiré par ce bouquin que pendant l'été suivant, j'avais délimité certaines parties du terrain derrière la maison familiale afin de découvrir ce que goûtaient les différentes colonies de fourmis qui y vivaient. Ainsi, si une colonie me semblait plus sucrée et d'un noir plus foncé qu'une autre, je notais cela dans mon petit calepin et le soir venu, je tentais d'identifier de quel type de fourmis il s'agissait.

Évidemment, ça n'a pas fait long feu, car pour dire vrai, l'idée de bouffer des insectes me révulsait, mais bon, pendant le bref moment où l'idée de devenir entomologiste m'a habité, cela m'avait suffi pour faire passer l'amour de la science au-delà de mes goûts culinaires plutôt dédaigneux.

Puis, il y a eu le passionnant récit de l'hypothétique genèse de l'humanité dans Le père de nos pères et sinon, la troublante exploration de la vie après la mort dans Les Thanathonautes.

Mais comme toute bonne chose a une fin, Werber m'a ensuite perdu lors de ses expérimentations ultérieures que je qualifierais plutôt de «new age».

Or, comme je suis du genre à donner des deuxièmes et des troisièmes chances, je vais vous avouer que je n'ai pas hésité longtemps avant de me laisser séduire par le dernier ouvrage de Werber intitulé Demain, les chats.

Tout d'abord, j'ai toujours été fasciné par les chats et l'idée de voir un tel sujet être décortiqué sous la loupe encyclopédique de Werber me tentait énormément.

Maintenant, je vous avouerai que le voyage ne s'est pas déroulé comme je l'avais visualisé, mais grosso modo, ça en valait quand même le coup.

Le truc, c'est que j'aurais bien aimé me faire raconter la genèse de la drôle d'histoire qui unit les chats aux humains par l'entremise d'extraits de l'Encyclopédie du savoir relatif et absolu de l'auteur fictif Edmond Wells. Toutefois, en lisant les premières pages de Demain, les chats, on comprend rapidement qu'on devra faire une croix sur cela.

Sinon, outre cette absence remarquée, on y apprend quand même un tas de trucs intéressants. Par exemple, il est plutôt fascinant de découvrir le rôle important que les chats ont joué dans la survie des humains lors des nombreuses épidémies de peste qui ont ravagé la planète.

Mais, ce qui est probablement le plus troublant dans Demain, les chats, c'est le tableau de l'humanité qui est dépeint par Werber. Ainsi, ce qu'on retient, c'est que chaque fois que l'humanité fait de grands bonds en avant sur le plan scientifique, une curieuse force d'attraction fait en sorte qu'on recule aussitôt de trois grands bonds.

Maintenant, sans vous «divulgâcher» quoi que ce soit, Demain, les chats nous lance une importante mise en garde: sommes-nous justement à une de ces fameuses croisées des chemins de l'humanité où ce n'est qu'une question de temps avant que nous sombrions à nouveau dans une espèce de moyen-âge?

Évidemment, en tenant compte du climat sociopolitique qui sévit actuellement sur la planète, on se navre de reconnaître dans ce futur pourtant très possible que nous propose Werber des échos du monde dans lequel nous vivons.

Mais bon, si ce sombre futur tel que brossé par Werber finissait par se révéler exact, nos chats pourront au moins dormir sur leurs deux oreilles pendant un bon moment encore. Car, à la fin, nous ne sommes que leurs serviteurs.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer