Quand le destin vous fait une fleur

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«Aussitôt qu'un membre de votre famille présente des premiers symptômes d'une maladie contagieuse, vous savez très bien dans votre for intérieur que les chances sont très minces que vous y échappiez.»

123RF

Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / Dans la vie, l'une des grandes joies d'avoir un enfant, c'est de voir ses chances d'attraper la gastro se multiplier par 1000.

Alors voilà, l'invasion aura débuté dimanche matin.

La veille, je m'étais couché très tard (Marcel Proust ne serait pas fier de moi). En fait, je dirais plus que je m'étais endormi très tard sur le divan en regardant un truc nul à la télé.

J'ai donc peut-être dormi quelque chose comme deux heures en position assise avant que mon fils me réveille et me confie qu'il avait très mal au ventre. Puis, je ne sais plus trop ce que j'ai fait, mais grosso modo, je lui ai dit des trucs de parents du genre : « ouais, ça arrive parfois », « je vais te donner des fibres à manger », « prends un peu de yogourt » et « tu sais, j'ai déjà eu très mal au ventre et je sais que c'est pas le fun pantoute ».

Quelques minutes plus tard, ma blonde se réveillait et en voyant mon visage, elle m'a fortement suggéré d'aller dormir une petite heure ou deux, question d'être plus présentable.

Puis l'instant d'après, je dormais d'un sommeil profond qui n'aura finalement duré qu'une heure.

C'est un hurlement de ma blonde suivi de sons sortis tout droit du film L'Exorciste qui m'ont réveillé.

Maintenant, la suite, je vais vous l'épargner parce que si à ce stade-ci, vous avez encore la force de poursuivre votre déjeuner, je crois que vous en avez déjà assez lu comme ça.

Ainsi, on se limitera à cette fameuse phrase aux allures neutres, mais pourtant si éloquente tellement elle est bourrée de sous-entendus : « Mon enfant a été malade. » Je dis ça, parce que généralement, si votre enfant a eu la grippe, le rhume ou une bronchite, vous le spécifierez naturellement. Du coup, quand on se limite à « il a été malade », il est fort probable qu'il y ait anguille sous roche. En d'autres mots, il s'agit d'un truc dégoûtant que vous avez probablement chopé vous-aussi et avec un peu de chance, vous êtes présentement en train de le filer à votre interlocuteur.

D'ailleurs, c'est là une chose plutôt fascinante en ce qui concerne les maladies contagieuses. Aussitôt qu'un membre de votre famille présente des premiers symptômes d'une maladie contagieuse, vous savez très bien dans votre for intérieur que les chances sont très minces que vous y échappiez. Quand bien même que vous vous laveriez compulsivement les mains et que vous boirez une bouteille complète de Purell, c'est pratiquement impossible de s'en sortir.

Mais bon, bien que personne ne paierait un seul sou de sa poche pour attraper un rhume ou une grippe, on se dit généralement qu'on fera avec, mais quand il s'agit d'une gastro, entre ça et trimballer une bombe nucléaire sur soi, la deuxième option est presque plus tentante.

Alors hop, on se documente et là, on apprend que ce virus diabolique peut prendre jusqu'à 48 heures d'incubation. Ainsi, pendant toute cette période de temps, vous êtes là à surveiller anxieusement le moindre signe que votre corps vous envoie. Si ce n'est pas un gargouillis de ventre qui fait grimper en flèche votre stress, c'est une légère sensation d'étourdissement. Et plus vous comptez les heures qu'il reste avant la fenêtre d'incubation, plus le stress monte, car plus les chances que la maladie se présente sont grandes.

Et puis hop, trois jours plus tard, vous vous rendez compte que vous y avez échappé. Dieu seul sait ce que vous avez bien pu faire pour vous en prévenir, mais voilà, cette fois-ci, le destin a décidé de vous faire une fleur.

Et juste au moment où vous remerciez le ciel de vous avoir épargné, vous sentez ce picotement au fond de vos sinus qui vous laisse deviner que vous aurez une magnifique semaine en tête-à-tête avec votre boîte de mouchoirs.

Mais bon, ça, on pourra faire avec.

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