Papillons

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«Mais à la fin, est-ce bien ça dont les victimes d'une relation amoureuse toxique ont besoin? Des questions qui empestent à plein nez le jugement?»

123RF

Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / Ça commence parfois par un simple regard. Des fois aussi, c'est une phrase ou même seulement une intonation.

Ça arrive dans un bar ou au coin d'une rue.

Des fois, c'est par pur hasard et sinon, ça peut aussi se produire à la suite d'un bon match Tinder.

Bref, l'amour, ça commence un peu n'importe où, mais surtout, n'importe comment.

Au début, ça vous file des petits papillons au ventre et vous aurez beau essayer toutes les drogues du monde, il n'y en aura aucune qui remplacera ce drôle de sentiment qui vous fait soudainement voir la vie d'une autre façon.

Évidemment, ça ne dure jamais pour toujours. Et quand les papillons cèdent leur place au retour à la réalité, ça passe ou ça casse.

Ainsi, certains couples exploseront en mille morceaux et ce qui semblait alors être l'histoire d'amour d'une vie se révélera n'être qu'un amour de passage tandis que d'autres couples feront tout en leur possible pour passer outre ce retour à la réalité. Certains y parviendront avec brio et qui sait, peut-être finiront-ils par se marier, avoir des enfants, une maison, la grosse bedaine, la souffleuse, etc.

Mais comme l'enfer est pavé de bonnes intentions et que le diable est dans les détails, ce dernier pouvait-il imaginer un meilleur scénario qu'une histoire d'amour en mode «foireux» pour donner vie à ses pires plans diaboliques?

Car en se faufilant dans une de ces relations en mode survie, le diable a soudainement le champ libre pour concrétiser ses plus sombres desseins.

Et juste pour mieux mêler les cartes, ça ressemble d'une certaine façon à de l'amour.

Ça commence parfois par un simple regard. Des fois aussi, c'est une phrase ou même seulement une intonation.

Ça arrive dans un bar ou au coin d'une rue.

Au début, elle se dit qu'il réagit de cette façon parce qu'il l'aime mal. Et elle n'a pas tort de penser cela. Or, il y a tout un fossé entre aimer maladroitement et aimer mal. Le truc, c'est que lorsqu'on vit ça de l'intérieur, les nuances ne nous sautent pas toujours aux yeux. Et puis, on confond souvent le mal et la maladresse, car chaque fois qu'il agit bizarrement pour qu'elle reste auprès de lui, il s'excuse pour ce qu'il appelle ses gaffes.

Au début, ces « gaffes » se limitaient à des mauvaises tournures de phrases qui avaient toutefois une force d'impact plutôt violente.

Puis, les mauvaises tournures de phrases se sont transformées en phrases qu'il ne pensait pas vraiment.

Et un jour, les portes claquées violemment cèdent la place à un coup de poing dans une armoire ou un mur.

Et chaque fois, il finira par s'excuser en rappelant le souvenir des débuts, quand tout était beau, facile et si spontané.

Ça fera son temps jusqu'au jour où l'armoire ou le mur ne suffiront plus afin d'encaisser toute cette violence.

Pour celui ou celle qui sera le triste spectateur extérieur d'une relation amoureuse malsaine, tout semblera pourtant si clair.

« Je le savais qu'il était fou ton chum. » « Pourquoi tu le ''dumpes'' pas là? » « Pourquoi tu endures ça? »

Mais à la fin, est-ce bien ça dont les victimes d'une relation amoureuse toxique ont besoin? Des questions qui empestent à plein nez le jugement?

Quant à celui ou celle qui prend conscience d'une telle situation dans son entourage, sait-il vraiment comment agir? « Et si je ne faisais qu'empirer la situation? » « Et si c'est elle qui me livre une version des faits erronée? »

Je dis ça comme ça, mais ça ne serait pas un luxe d'être au courant des outils à notre disposition afin de bien intervenir auprès des personnes de notre entourage qui se retrouvent prisonnières de telles relations toxiques.

Chaque jour, ces histoires d'horreur se produisent ici et là, dans les quartiers populaires comme les quartiers mieux nantis.

Bien qu'on ne puisse pas les faire disparaître à grands coups de baguette magique, il est nécessaire d'en parler et de sensibiliser la population à ce sujet.

Ainsi, plus nombreux nous serons à être en mesure d'identifier les premiers signes de ces relations toxiques, plus nombreux nous serons à savoir comment intervenir et qui sait, peut-être arriverons-nous à prévenir une tragédie de trop.

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