Merci M. Météo !

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Jimmy Desbiens a ouvert une page Facebook nommée... (Capture d'écran, Facebook)

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Jimmy Desbiens a ouvert une page Facebook nommée Météo Chicoutimi afin de livrer ses prévisions.

Capture d'écran, Facebook

Joël Martel
Le Quotidien

Ça commence souvent comme ça.

Jimmy Desbiens... (Photo tirée de Twitter) - image 1.0

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Jimmy Desbiens

Photo tirée de Twitter

Vous entretenez une passion depuis longtemps, et puis un jour, vous décidez de la nourrir.

Dans le cas qui nous intéresse aujourd'hui, j'imagine que le gars nommé Jimmy Desbiens avait une fascination, ou sinon, un puissant intérêt en ce qui a trait à la météo.

Et puis hop, voilà qu'il a ouvert une page Facebook nommée Météo Chicoutimi afin de livrer ses prévisions.

Au début, ils ne devaient être que des dizaines de personnes à suivre ses publications. Et le bouche-à-oreille étant ce qu'il est, voilà qu'ils ont été des centaines puis des milliers à suivre religieusement les prévisions de ce M. Météo indépendant.

Il faut savoir qu'une démarche comme ça peut rapidement faire boule de neige, car à une époque où l'information est de plus en plus centralisée et où même la fille de la météo au bulletin national se contente de qualifier le Saguenay-Lac-Saint-Jean comme étant une « zone peu peuplée », ça fait du bien d'avoir un service aussi personnalisé.

Et c'est bien sûr sans compter que le gars s'en tire pas mal du tout en prévoyant presque à la minute précise le moment où la neige ou le froid se pointera le bout du nez.

Or, le succès a un prix, mais quand on offre un service gratuit, et ce, sans aide extérieure, le prix du succès peut devenir difficile à payer.

Ce prix, ça peut être en argent, notamment en raison des accessoires dont il se sert ou des frais d'hébergement pour son site Web. Mais aussi, ce sont les nombreuses requêtes des internautes qui n'en ont jamais assez.

Un jour, ils veulent des prévisions encore plus rapides ; l'autre jour, ils voudraient leurs prévisions dans un français impeccable et sinon, ils veulent du beau temps alors que M. Météo n'a aucun contrôle sur ce qui se produira.

Vite comme ça, c'est le lot d'ennuis qui est réservé à bien des services et des entreprises, mais quand on est seul à piloter le bateau, et qu'en plus, on devrait faire ça pour le plaisir, tout ça peut rapidement prendre des proportions insoutenables.

Et ça, c'est sans compter ceux et celles qui ressentent le besoin de contaminer les autres avec leur négativité en remettant en question la précision des prévisions. Que voulez-vous, les gens sont parfois cons et un internaute con, c'est généralement plus con qu'un con standard.

Maintenant, que se passe-t-il quand on ne peut plus payer le prix ? Eh  bien , ce sont les autres qui paient le prix. De fait, dans le cas précis de M. Météo, le prix du succès, ce seront donc les internautes qui pourraient le payer, car voilà que le célèbre météorologiste a annoncé qu'il n'offrira plus ses prévisions sur sa page Facebook.

Évidemment, tout ça est très dommage, mais comment lui en vouloir ? Le gars ne doit rien à personne.

Ce qui est très navrant dans tout ça, c'est qu'il s'agit malheureusement là d'une histoire qui se produit chaque jour. En effet, il y a toujours quelqu'un quelque part qui se lance bénévolement dans un projet afin de nourrir une passion ou de combler un besoin, puis dès que ça obtient le moindre succès, il doit faire face à un nigaud qui émettra des critiques ou en exigera plus qu'on peut lui en fournir.

C'est là une réalité qui peut sévèrement entretenir le cynisme, car une fois qu'on s'y est fait prendre, on y repense plusieurs fois avant de se lancer à nouveau dans une telle initiative.

Maintenant, je dis ça au hasard, mais ça ne serait peut-être pas une mauvaise idée de rappeler que la gratuité a elle aussi un prix : un peu de reconnaissance.

Mais bon, ironie du sort ou conspiration cosmique, au moment où cette chronique allait être publiée, voilà que M. Météo Chicoutimi a décidé de publier occasionnellement des prévisions lors des phénomènes météorologiques d'importance. C'est déjà ça, même si ça ne rivalise pas avec les prévisions quotidiennes d'antan. Mais avouez que vous le regrettez maintenant de ne pas vous être contenté d'un simple « Merci M. Météo ! » On n'en serait peut-être pas rendu là.

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