Le paradis du cinéphile

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CHRONIQUE / Il y a quelques mois, le cinéphile que je suis était au paradis. (123RF)

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Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / Il y a quelques mois, le cinéphile que je suis était au paradis.

Ici, bien que les chemins qui mènent au paradis soient parfois d'une légalité douteuse, n'allez pas croire que j'avais sombré dans le piratage.

En fait, comme de nombreux internautes, j'utilisais un service de VPN. Maintenant, pour ceux et celles qui ne sont pas familiers avec ce type de service, je vais me permettre une petite explication tout en implorant la clémence des vrais spécialistes, mais de façon sommaire, un VPN vous permet de faire croire aux services que vous rejoignez que vous êtes en provenance d'un pays de votre choix.

Ainsi, pendant plusieurs mois, j'ai vécu le petit rêve des cinéphiles en ayant accès à tous les catalogues de Netflix. Le truc, c'est que chaque pays est doté d'un catalogue différent et disons-le, celui du Canada est d'une tristesse pas possible en comparaison de celui des autres pays.

Contenu francophone

Mais outre la diversité pratiquement infinie de choix de films, le fait d'utiliser un VPN me permettait notamment d'accéder à Netflix France. Or, une fois qu'un francophone est passé par là, le Netflix canadien fait pitié plus que jamais.

De fait, si vous faites partie des nombreux clients de Netflix, vous avez certainement déjà remarqué l'offre pénible quant au contenu francophone qui est offert ici au Canada. Et là, qu'on se comprenne, quand je parle de contenu francophone, j'y inclus autant les productions francophones que les productions qui sont sous-titrées en français.

Certes, les productions signées par Netflix sont majoritairement offertes en français, mais en ce qui concerne le reste du catalogue, on a presque envie de courir au dépanneur pour s'acheter un billet de loto lorsqu'on tombe sur un truc qui est au moins sous-titré en français.

En toute honnêteté, je vivais bien avec cette réalité, or une fois que j'ai réalisé que la France avait droit à un Netflix où 100 % de son contenu était offert dans une déclinaison francophone, ça m'a fait réaliser à quel point le français est si peu considéré ici au Canada.

J'ai souvent lu ici et là que si le contenu doublé en français était pratiquement inexistant, c'était en raison d'ententes légales, mais aussi, en raison d'une faible demande qui avait été notamment dénoncée par la directrice des communications corporatives de Netflix, Anne Marie Squeo, lors d'une entrevue accordée à Branchez-Vous en 2014.

Bien que je ne sois pas personnellement un grand adepte du doublage, je serais toutefois très curieux de savoir combien de Québécois et Québécoises préfèrent cette alternative aux sous-titres, par exemple. J'ose imaginer qu'ils sont beaucoup plus nombreux qu'on ne pourrait le croire.

Et puis, si c'est trop compliqué d'offrir des doublages, j'aimerais bien qu'on m'explique elle est où la complexité d'importer une banale piste de sous-titres qui, nous en avons la preuve, est offerte en France par exemple.

Évidemment, je suis bien conscient qu'ici, on ne traite pas d'un enjeu majeur, mais la marge de manoeuvre dont profite Netflix ici au Canada me laisse un drôle de goût dans la bouche. Car en plus du problème quant à l'offre francophone, la compagnie américaine explose de rire chaque fois que le Canada lui demande de participer d'une façon ou d'une autre à notre économie. C'est à se demander s'il y a un pilote dans l'avion.

Toutefois, une chose est certaine, si pilote il y a, il ne parle certainement pas français et faites immédiatement une croix sur les sous-titres en français.

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