Vive les fêtes du 150e !

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Un écran géant a présenté un survol historique... (Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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Un écran géant a présenté un survol historique d'Alma, sur la nouvelle passerelle.

Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens

Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / La première fois que j'ai quitté Alma, c'était en 1999.

L'église Sacré-Coeur était illuminée pour l'occasion.... (Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens) - image 1.0

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L'église Sacré-Coeur était illuminée pour l'occasion.

Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens

J'en ai parlé à quelques reprises ici dans cette chronique, mais c'était à l'époque où des dizaines et des dizaines de jeunes envahissaient chaque soir le centre-ville afin d'y passer la soirée.

Puis, au fil des années, chaque fois que je revenais y faire un tour, j'étais complètement subjugué par l'aspect fantomatique du centre-ville, une fois que les commerces avaient fermé leurs portes.

Certes, on y trouve ici quatre ou cinq bars qui arrivent encore à attirer la clientèle, mais outre ces établissements, le centre-ville est un véritable désert une fois la nuit tombée.

Or, voilà que le coeur de la ville s'est soudainement remis à battre dans la nuit du 31 décembre dernier, et ce, en raison de la grande fête qui soulignait le début des festivités du 150e anniversaire d'Alma.

En toute honnêteté, je dois une fière chandelle à ma conjointe qui a joyeusement insisté pour que ce soir-là, au lieu de faire communion avec mon divan et de défoncer l'année en visionnant le Bye Bye 2016, nous nous rendions au centre-ville pour l'occasion.

En fait, je tiens à remercier chaleureusement mon amoureuse à cet effet, car ça faisait une éternité que je n'avais pas vu ma ville natale aussi belle.

De voir ces milliers de gens réunis dans les rues, et ce, malgré la neige et une petite fraîcheur, je ne vous cacherai pas que ça m'a redonné espoir.

Cette ville dont j'avais été si fier pendant si longtemps reprenait enfin vie devant mes yeux.

Parce que disons-le, pendant fort longtemps, vous n'aviez qu'à dire à un gars de Montréal ou de Québec que vous étiez originaire d'Alma et voilà que ses yeux s'illuminaient aussitôt et qu'il vous lançait un truc du genre: «Alma! Ça, c'est une ville de party! Vous êtes des méchants sautés!»

Et qu'est-elle devenue cette ville de party au fil des années? Eh bien! , on a décentralisé son quartier général en construisant un gros Walmart qui a ensuite attiré une multitude de commerces à l'autre bout de la ville.

Et avant ça, on a eu l'idée de construire un stade au beau milieu des Plaines Vertes.

Sinon, la vie culturelle qui faisait la réputation de la ville a été assourdie par des événements destinés à un grand public, d'un beige à faire paraître 2Frères pour des rockers.

L'art visuel et les expérimentations artistiques qui faisaient partie de la personnalité de la ville ont été laissés à l'abandon et voilà que le grand virage sportif a pratiquement pris toute la place. D'ailleurs, si la tendance se maintient, gageons que les élus finiront par faire construire un centre sportif qui occupera la moitié de la superficie de la ville.

Alors voilà. Ce que j'ai ressenti le soir du 31 décembre 2016, c'est cette possibilité de redonner à la ville ce souffle qui la caractérisait si bien face aux autres villes. Ce vent de folie qui donne aux gens l'envie de sortir dans les rues et de se rencontrer. Ces discussions au coin d'une rue donneront peut-être naissance à une foule d'autres projets.

Ce que cette fête a démontré, c'est que les gens ont encore envie de sortir de leur maison et d'aller à la rencontre des autres. Mieux que ça. Ils en ont besoin.

Et puis hop, souhaitons aussi que cette fête a fait réaliser à nos élus que le pari de la folie n'est pas autant risqué qu'on voudrait le croire. Qu'il s'agisse de la température ou d'une proposition culturelle qui détonne complètement avec les chanteurs aux personnalités fades, le gens ont encore le goût de l'aventure et du risque.

Je suis bien conscient d'être un rêveur, mais bon, je souhaite à Alma 150 autres années sous le thème de l'audace et de la douce folie. Distinguons-nous ainsi. C'est là une de nos plus belles ressources naturelles.

Et encore mille fois bravo aux organisateurs de cette soirée inoubliable.

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