Les vraies affaires

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Bernard Olivier, alias Le Pharmacien, déboulonne de nombreux... (Photo fournie par Le Pharmacien)

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Bernard Olivier, alias Le Pharmacien, déboulonne de nombreux mythes sur la santé.

Photo fournie par Le Pharmacien

Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / Au moment où j'écris ces lignes, il ne reste plus que quelques heures avant la fin de 2016.

Disons-le, ce fut plutôt une drôle d'année. Et là, quand j'emploie le qualificatif «drôle», c'est davantage dans le sens de bizarre que d'amusant.

Outre l'hécatombe incroyable qui a décimé une grande partie des légendes du show-business, on aura assisté à une multitude de psychodrames qui auront parfois pris des proportions assez étonnantes.

Vite comme ça, on n'a qu'à se rappeler l'été 2016 que les historiens appelleront certainement, dans le futur, l'Été des pitbulls.

Ainsi, pendant plusieurs semaines, on a été inondé de nouvelles qui concernaient des pitbulls diaboliques, tandis que les élus ne savaient plus quoi inventer pour donner l'impression à la population qu'ils avaient encore le contrôle de la situation. On aura donc annoncé en grande pompe des interdictions pour ensuite reculer ou révéler que finalement, la patate chaude était désormais dans les mains d'une autre entité responsable.

Dans un registre similaire, on se souviendra aussi de l'année 2016 comme de celle où le jus de fruits a complètement divisé la population. Pour la petite histoire, ce sera donc à la suite du passage du célèbre Pharmachien à Tout le monde en parle qu'une psychose inimaginable aura pris d'assaut les Québécois et Québécoises après que ce dernier ait osé affirmer que de boire un jus de fruits équivalait à ingérer une vulgaire cannette de boisson gazeuse. D'un côté, on aura donc vu se manifester le camp des anti-jus de fruits tandis que dans le coin opposé, les projus de fruits auront tout fait en leur possible afin de sauver la dignité des jus de fruits. Or, cette fois-ci, les élus auront eu la sagesse de ne pas s'en mêler et de bannir les jus de fruits. Peut-être ont-ils tiré une leçon de la saga entourant les pitbulls?

Sinon, l'équipe de Tout le monde en parle pourra se vanter d'avoir fait jaser le Québec, car outre le «jusdefruitsgate», le passage de la chroniqueuse Josée Blanchette aura aussi soulevé un débat de taille. Alors que les médecins font continuellement des pieds et des mains afin de sauver des vies et que les chercheurs font l'impossible afin de faire avancer la science, il n'aura suffi que d'une entrevue de quelques minutes pour semer le doute chez bon nombre de Québécois à propos des vertus de la chimiothérapie. D'ailleurs, ce fut là une psychose sociale plutôt navrante étant donné que le message de Josée Blanchette n'avait pas que du mauvais, car à l'origine, l'objectif visé était davantage de faire prendre conscience à la population qu'elle avait son mot à dire dans la façon dont elle était soignée et surtout, qu'elle avait un devoir de s'informer.

De ces trois histoires, on peut facilement y déceler un fil conducteur. Car, ce qui a contribué à les propulser au rang d'enjeux majeurs, c'est principalement leur effet viral sur les réseaux sociaux.

Un peu comme un serpent qui mord sa queue, les médias ont généré des histoires qui, elles, ont généré des débats qui, eux, ont généré d'autres articles dans les médias qui, eux, ont généré à nouveau des réactions du public, et ainsi va la vie.

Maintenant, j'ose croire que ce besoin de discuter de ces enjeux sur la place publique demeure somme toute un signe de santé, mais j'ai parfois l'impression qu'on oublie que ces débats provoquent certains effets secondaires dans notre façon de fonctionner collectivement, notamment en apportant une importante distorsion au sein de nos priorités en tant que société.

Il reste que tout ça, c'est bien beau à dire, mais que peut-on y faire? Le gigantesque train qui représente ces mutations de débats publics a-t-il déjà atteint une vitesse de croisière désormais impossible à arrêter? Ou n'est-ce là qu'une simple continuité de notre façon de gérer collectivement les enjeux qui nous préoccupent? En troquant les parvis d'églises par notre fil d'actualités Facebook, a-t-on seulement échangé quatre 30 sous pour une piastre?

Qui sait, peut-être que l'année 2017 nous aidera à mieux y voir.

D'ici là, je vous en souhaite sincèrement une bonne et essayons donc de ne plus paniquer trop rapidement. Ou du moins, gardons-nous donc la force de paniquer pour les situations qui en valent vraiment la peine. Ce sera déjà ça.

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