En regardant Marina

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marina Orsini... (Archives La Presse)

Agrandir

Marina Orsini

Archives La Presse

Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / Il y a quelques jours de cela, je mangeais un bol de soupe en pleine nuit et je me suis dit: «Eh! ben!», ça fait longtemps que tu n'as pas eu l'occasion de t'empiffrer devant la télé tout en zappant au hasard d'une chaîne à l'autre.» Alors voilà, j'ai fait ça.

Tout d'abord, comme le vide me fascine et finit toujours par m'attirer, j'ai donc atterri sur une reprise de l'émission de services animée par Marina Orsini à Radio-Canada.

Maintenant, peut-être l'avez-vous lu dans ma chronique précédente, mais comme je lutte toujours contre une double otite, je suis actuellement pratiquement sourd. Ainsi, j'ai donc dû me contenter de contempler l'animatrice qui multipliait les expressions faciales extrêmes afin de démontrer à son invité qu'il était si intéressant et tout le tra la la et comme tout ça commençait sérieusement à m'agacer, mon regard s'est ensuite porté sur l'auditoire derrière elle.

Au programme, un groupe uniforme de dames de couleur blanche ayant passé la cinquantaine qui semblaient toutes se dire: «Ouais ben je voulais seulement voir de quoi ça avait l'air un plateau de télé et là, je suis prisonnière dans ce public pour une bonne heure et comme je suis constamment filmée, je dois faire quelques sourires forcés et rire quand on m'en donne le signal et finalement, ce n'est pas si agréable que ça comme expérience.»

Alors hop, ma compassion très sincère pour ces pauvres femmes a commencé à me rendre maussade et j'ai donc continué à zapper pour enfin faire un arrêt sur une des mille chaînes spécialisées de Radio-Canada. Pour dire vrai, c'est le nom de l'émission qui m'a attiré, car on annonçait qu'on y traiterait de la pollution méconnue associée à Internet. Candide comme je suis, je croyais alors qu'on y ferait un portrait de tous ces objets technologiques condamnés à l'obsolescence programmée, mais non. C'est là que j'ai activé les sous-titres pour malentendants.

En fait, cette pollution méconnue dont il était question, c'était principalement celle associée à toute l'énergie qu'il faut déployer afin de maintenir le bon fonctionnement d'Internet, c'est à dire les serveurs, les hébergeurs, les disques durs et j'en passe.

Ici, je ne vous mens pas, en moins de quelques minutes, cette émission m'a donné un vertige pas possible. Le truc, c'est que la quantité de données que nous accumulons en prenant des photos et en les entreposant dans des nuages et autres trucs virtuels, c'est sans cesse exponentiel. Ainsi, toutes ces données qu'on aime percevoir comme étant immatérielles deviennent bel et bien concrètes, car on doit ultimement les stocker dans des objets bien réels qui demandent de l'énergie bien réelle.

Pour être bien franc avec vous, tout ça m'a presque donné des cauchemars le soir venu. Non seulement je me sentais idiot de n'avoir jamais pensé à ce détail, mais en plus, je ne pouvais m'enlever de la tête qu'en tant qu'internaute très actif, je faisais partie intégrante du problème.

Tout ça, c'est quand même fou, parce qu'une fois de plus, alors qu'on avait enfin l'impression d'avoir trouvé une solution afin de limiter nos déchets et notre utilisation de l'énergie, on réalise alors que l'humanité réussit sans cesse à tout gâcher. Ou peut-être n'est-ce là qu'une autre démonstration de la fameuse formule affirmant que rien ne se crée, rien ne se perd.

Mais bon, qui sait, peut-être que dans un avenir rapproché, réussira-t-on à démocratiser l'énergie solaire et à en faire une solution énergétique universelle?

Ça serait déjà un bon début.

D'ailleurs, le visionnaire Elon Musk annonçait récemment que très bientôt, des tuiles pour les toitures de maisons faites de panneaux photovoltaïques seraient sur le marché et pourraient même concurrencer le prix des tuiles traditionnelles.

Enfin, je vous dirais bien d'aller y jeter un oeil sur Internet, mais je ne voudrais pas trop faire chauffer des serveurs quelque part et ainsi contribuer à la pollution.

Bordel que c'est compliqué la vie.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer