À l'urgence, un soir de hockey

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CHRONIQUE / «Fhsdfsdh dsfhfs sf 10 jours fjfsfj avez deux jsjasjf. Saiasaj... (123RF.com)

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Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / «Fhsdfsdh dsfhfs sf 10 jours fjfsfj avez deux jsjasjf. Saiasaj besoin d'antidouleurs?»

J'ai penché ma tête vers l'avant en plissant les yeux comme si ça pouvait changer quoi que ce soit et j'ai bien vu que la médecin tentait de dissimuler un sourire amusé. Puis, elle a clairement haussé la voix pour bien se faire entendre: «Je vous ai prescrit un antibiotique à prendre pendant dix jours, car vous avez deux otites. Pensez-vous avoir besoin d'antidouleurs?»

Yep. Ça, c'était moi dimanche dernier. Sourd comme un pot à la Beethoven.

Après une deux semaines d'enfer ici à la maison, j'avais décidé de déclarer forfait et comme j'avais déjà entendu parler d'une légende urbaine racontant que les urgences à l'hôpital se vidaient mystérieusement les soirs de hockey ainsi que les soirs où La Voix passait à la télé, je me suis dit: «Allez hop, on tente le grand coup.» Maintenant, j'ignore si ça relevait du hasard, mais ce soir-là, je peux vous confirmer que la légende s'est vraiment concrétisée.

Évidemment, j'aurais pu aller voir mon médecin de famille, mais voyez-vous, en quelque chose comme cinq ans, je suis parvenu à la voir peut-être deux ou trois fois. Et puis hop, parmi ces rares fois, il y en a même une où elle m'a clairement dit que j'étais obèse. Mais bon, ça fait partie de son boulot et depuis le temps, j'ai pris ma santé en mains et si ça continue comme ça, je pourrai me parader pendant tout l'été prochain torse nu afin d'afficher ma nouvelle silhouette de rêve. Je ferai tout torse nu. L'épicerie, le club vidéo, au Walmart, etc.

Mais bon, retournons à nos moutons, ou plutôt, à nos mottons de mucus qui ont considérablement gâché mes deux dernières semaines.

Alors hop, ça a débuté par Charlot qui est rapidement devenu malade comme un chien. Après avoir respecté le rituel sacré nommé «attendre trois jours afin de voir si la fièvre finira par tomber», ma blonde s'est donc tapée le grand pèlerinage des malades, soit aller faire la file à 6 h 30 du matin à l'extérieur de la clinique sans rendez-vous avec les deux classes de patients, c'est-à-dire les gens très malades qui devraient être les dernières personnes de la planète à se taper une heure d'attente à l'extérieur dans la froideur de novembre et bien entendu, les abonnés de la clinique médicale qui aiment bien y faire du social et raconter à voix haute le drame de devoir aller rencontrer le médecin pour avoir droit à leurs assurances pendant qu'ils passeront les six prochains mois dans le Sud.

Et puis il y a eu le rendez-vous un peu plus tard dans la journée qui s'est conclu par le verdict déprimant du docteur: «Votre enfant souffre d'un virus et ça va passer tout seul. Si d'ici une semaine ça ne s'améliore pas, n'hésitez pas à consulter à nouveau.»

Évidemment, ça ne s'est pas amélioré dans la semaine et pendant ce temps, ma blonde et moi, on a eu amplement le temps d'être infectés et de voir notre état général dégénérer.

Pour ajouter à tout ce bonheur, on a dû se payer une autre joyeuse matinée à faire la file à l'extérieur de la clinique afin d'avoir un autre rendez-vous pour apprendre que notre garçon avait vraiment besoin d'antibiotiques.

Maintenant, malgré ces deux semaines à ne pratiquement jamais dormir, car notre gars toussait tel un métronome inarrêtable, ou parce que nous étions nous-mêmes trop malades, on s'entendra comme quoi ça fait partie de petites frustrations de la vie et qu'à la fin, on peut toujours s'accrocher à l'espoir qu'ultimement, tout ça finira par finir.

Or, ça fait beaucoup réfléchir et je ne vous cacherai pas que j'ai eu ici une énorme pensée pour tous ces parents dont un enfant gravement malade devra lutter pour sa vie et être hospitalisé pendant une éternité. Je le dis sans hésitation, ces gens sont des héros.

Et puis sinon, ça fait aussi réfléchir sur un autre truc. Dans le système de santé actuel, le grand drame n'est pas seulement de tomber malade. En fait, un des irritants majeurs dans tout ça, c'est d'arriver à trouver un rendez-vous avec un docteur.

Mais bon, une chance qu'il y a le hockey et La Voix.

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