Quand la vie est un détour

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CHRONIQUE / C'est une histoire plutôt banale, mais bon, je tenais à vous la... (Photo 123RF)

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Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / C'est une histoire plutôt banale, mais bon, je tenais à vous la raconter, car j'ai la conviction qu'il y a quelque chose à tirer de tout ça.

Maintenant, désolé pour les fidèles lecteurs et lectrices de cette chronique du dimanche, mais ça commence comme beaucoup trop de ces chroniques.

Allez hop, juste pour le plaisir, je vous laisse 10 secondes afin de deviner?

Alors, vous avez trouvé?

Eh ben! Oui, ça commence encore pendant l'une de mes fameuses marches de fin de soirée.

C'était donc il y a un peu plus d'un mois.

Comme tous les soirs depuis maintenant un an, je parcourais méthodiquement le même trajet que les 300 et quelques soirs précédents, puis en arrivant devant le parc que j'aime appeler «le seul Pokéstop du quartier», horreur!

En effet, voilà que des entrepreneurs s'étaient installés afin de réparer les entrailles de la rue, et ainsi, mon trajet que j'avais toujours respecté religieusement jusqu'ici en était chamboulé.

Évidemment, pour une grande partie de la population, un tel changement ne causerait aucun problème, mais pour un type comme moi qui se faisait une fierté d'avoir enfin le contrôle sur une chose dans sa vie, vous ne pouvez même pas vous imaginer à quel point ça m'a démoli.

Bordel, pour une fois que j'avais trouvé un truc constant dans ma vie, tout s'effondrait.

Vous dire à quel point c'est venu me chercher!

Chaque soir lorsque j'arrivais près de ce segment, j'en avais le coeur qui battait à une telle vitesse que ça me rendait anxieux.

Il y a même un soir où alors que je pensais à tout ça, j'ai littéralement fondu en larmes en demandant à ma blonde si elle croyait que j'étais un autiste qui était tout simplement passé sous le radar.

Et puis hop, au fil du temps, j'ai fini par réussir à m'orienter et à apprivoiser ce nouveau détour et ainsi, chaque jour qui passait faisait en sorte que l'anxiété qui m'habitait se faisait de moins en moins sentir.

C'est alors qu'un certain soir, sans crier gare, je suis arrivé à ce fameux bout de chemin et à ma grande surprise, voilà qu'il était à nouveau accessible. La vie normale avait repris son cours.

Or, au moment d'emprunter à nouveau ce bout de chemin qui avait fait partie de mon trajet habituel pendant ces 300 et quelques soirs, ç'a été plus fort que moi.

Alors que j'aurais dû filer tout droit comme dans le bon vieux temps, je n'ai tout simplement pas pu m'empêcher de bifurquer à gauche pour ainsi emprunter ce nouveau chemin que la vie m'avait forcé à découvrir un mois auparavant.

Pour vous dire vrai, je n'avais aucune idée du pourquoi une force invisible m'avait poussé à agir de la sorte.

Puis, après avoir laissé tout ça reposer dans mon esprit, ça m'a frappé.

Ce nouveau chemin imposé par les circonstances était tout simplement meilleur que celui que j'avais choisi à l'origine.

Tout d'abord, ce que je percevais comme étant un «détour» était en fait un raccourci. De plus, ce raccourci m'évitait ainsi de circuler dans un secteur peu éclairé où je craignais parfois d'être violemment frappé par une voiture qui ne m'avait pas vu. Et puis, comme si ça ne suffisait pas, ça m'évitait aussi d'avoir un couloir de vent en pleine figure pendant dix bonnes minutes.

J'en conviens, c'est possiblement l'histoire la plus ennuyante que vous lirez aujourd'hui.

Or, si je vous raconte ça, c'est que ça m'a fait réaliser que parfois la vie ou le simple cours des choses nous impose des changements et même si ça nous chamboule dans nos habitudes, c'est parfois pour le mieux.

C'est peut-être un peu ça le progrès à la fin.

Je ne sais pas moi, j'essaie seulement d'écouter les signes de la vie ou un truc du genre.

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