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CHRONIQUE / Il y a quelques jours, un ami me confiait qu'il n'était pas... (Photo 123RF)

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Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / Il y a quelques jours, un ami me confiait qu'il n'était pas d'accord avec le fameux projet d'élever le salaire minimum à 15 dollars de l'heure.

Ses propos m'ont tout d'abord étonné, car le gars est un très chic type et je suis certain que la dernière chose qu'il souhaiterait au monde, ce serait de savoir que des gens crèvent de faim autour de lui. 

J'ai donc investigué un peu en jasant avec lui et puis hop, j'ai fini par comprendre ce qui le dérangeait dans toute cette histoire. « Écoute mon gars, j'ai sacrifié plein de projets dans la vie pour aller aux études et me retrouver dans un bureau à faire une job super stressante où je gérais parfois des projets de plus d'un million de dollars et je gagnais à peine 15 dollars de l'heure. Là, de savoir que le gars qui s'est pogné le beigne toute sa vie et qui se trouve une job que tout le monde peut faire va gagner le même salaire, ça m'insulte. »

Yep. J'en conviens, ça peut créer une petite amertume dans son coeur et on aura beau être le gars le plus à gauche de la planète, bien qu'on ne s'en vantera pas, l'équité, c'est un peu comme toute bonne chose : il y a un prix à payer et dans le cas présent, c'est de savoir que certaines personnes obtiendront sans effort les mêmes privilèges que ceux et celles qui ont mis les bouchées doubles.

D'ailleurs, je suis très heureux d'avoir eu cet échange à ce sujet avec mon ami, car jadis, je n'aurais peut-être pas poussé plus loin la discussion en me disant : « Ah pis fuck ça ».

Voilà donc qu'en poursuivant la discussion, tout en échangeant cordialement avec lui, nous sommes arrivés à identifier la source de son malaise et ainsi, à comprendre que son problème avec l'augmentation du salaire minimum ne concernait pas l'augmentation comme telle, ou le fait que tout le monde avait droit à un minimum de dignité, mais bien la notion de reconnaissance dans tout cela.

Par reconnaissance, j'entends ici une solution autre que l'argent afin que les études ou l'expérience d'un salarié puissent être reconnues.

Maintenant, je serai tout à fait transparent avec vous, mais je fais partie de ceux et celles qui croient qu'on ne peut plus fonctionner ainsi en tant que société et qu'il est inacceptable de laisser aller une situation où d'honnêtes travailleurs qui occupent trop souvent les emplois moins courtisés doivent se contenter d'un salaire qui n'est tout simplement pas suffisant.

Cela ne m'empêche pas pour autant de reconnaître que oui, cette notion de reconnaissance est peut-être le problème le plus épineux en ce qui concerne ceux et celles qui se disent en désaccord avec une telle mesure.

Car, disons-le, en fouillant ici et là à propos d'une éventuelle augmentation du salaire minimum, on y fait facilement de belles trouvailles qui discréditent rapidement les prophètes de malheur nous prévenant que ce seront les consommateurs qui paieront la facture. Certes, les premiers mois devront être amortis, mais une fois que tout le monde sera parvenu à se sortir la tête de l'eau, on pourra alors prévoir de belles averses d'argent. En effet, quand tout le monde aura les moyens de se payer un souper au restaurant une fois par semaine, au lieu d'un souper par mois, j'ai foi que plusieurs restaurateurs ou propriétaires de différents commerces se diront intérieurement :  « Bordel ! C'était seulement ça le problème finalement ! »

Ici, une fois qu'on a mis en pièces les arguments d'économistes aigris qui préféreraient que la moitié de la population crève de faim au profit de quelques têtes, comment être en désaccord avec une augmentation du salaire minimum, sinon, en ce qui concerne cette fameuse notion de reconnaissance ?

Bien entendu, je ne suis pas économiste et je ne suis qu'un pauvre chroniqueur du dimanche, mais j'imagine que la notion de reconnaissance serait un point intéressant à fouiller pour ceux et celles qui ont comme mission de faire pencher l'opinion publique en faveur de cette mesure.

Je le répète, la solution, je ne la détiens pas, mais il me semble qu'en y réfléchissant tous ensemble, on pourrait peut-être arriver à un début de réponse qui, ultimement, en viendrait à contenter tout un chacun.

Alors, quelqu'un a une idée de quelle gommette rendrait tout le monde heureux ?

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