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Capitaine Nô... (Archives La Presse)

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Capitaine Nô

Archives La Presse

Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / J'ai toujours été fasciné par ces artistes géniaux qui sont malheureusement passés entre les deux craques du divan de la mémoire collective.

En effet, depuis la toute première note de musique, une infinité d'artistes talentueux sont passés sous le radar de l'histoire avec un grand «H», et ce, souvent pour un simple manque de «timing».

Par exemple, alors que plusieurs de mes amis sont des fans finis de Plume Latraverse, je fais partie des marginaux qui adorent écouter son «rival» de l'époque, le seul et unique Capitaine Nô.

Toutefois, ce n'est pas ce qu'il y a de plus facile d'être fan de Capitaine Nô en 2016.

Tout d'abord, il faudra user de contacts privilégiés afin d'avoir accès à plusieurs de ses enregistrements. Et ici, oubliez immédiatement les chemins traditionnels comme les magasins en ligne ou même les boutiques de disques, car à ce que je sache, la plupart des oeuvres de cet artiste n'ont pas eu la chance d'être rééditées et à moins d'un miracle, je serais très étonné que cela se produise.

Un seul clic

Si je vous raconte ça, c'est que de telles histoires ne devraient plus avoir lieu à une époque où tout peut être accessible en un clic et surtout, où il est plus facile que jamais de rendre ces oeuvres disponibles au grand public.

Maintenant, comprenons-nous bien, mon opinion ne reflète certainement pas celle de la génération qui a grandi à la belle époque des disques vinyles, mais il reste qu'à la fin, ceux et celles qui se montrent rébarbatifs quant à ces outils en sont les principales victimes.

Bien entendu, dans un monde idéal, la distribution de la musique se ferait aussi activement qu'à une autre époque où les compagnies de disques prenait en charge un artiste et s'occupait de tous les détails, or les temps ont changé et à l'heure actuelle, même les gros joueurs peinent à tirer leur épingle du jeu.

Alors que faire? Arrêter de faire vivre la musique, car elle ne rapporte plus d'argent?

Mais non! Au grand contraire!

Pourquoi ne pas la rendre accessible à tout un chacun pour qu'elle puisse enfin vivre à nouveau dans l'esprit et le coeur du public?

J'en suis convaincu, si des artistes comme Capitaine Nô ou l'incroyable Réal V. Benoît rendaient accessibles leurs oeuvres sur la Toile, même s'ils les offraient gratuitement, ceux-ci n'en seraient que gagnants à la fin.

Ainsi, ils rendraient possible l'apparition d'une horde de nouveaux fans qui ne demandent qu'à faire des découvertes et de fil en aiguille, on ne peut qu'imaginer d'heureuses conséquences à cela.

Sinon, pourrait-on envisager un jour la création d'un Fonds qui permettrait d'archiver toutes ces oeuvres musicales qui ne seront vraisemblablement pas rééditées ultérieurement?

Ici, je ne fais que lancer des idées comme ça et je ne suis surtout pas un spécialiste de l'aspect légal et administratif d'une telle initiative, mais je ne peux pas croire qu'il n'existe pas une façon de garder en vie ces oeuvres qui, à une autre époque, ont fait vibrer une partie de la population.

On dit souvent que la culture est en quelque sorte une partie de notre âme collective, or, il ne faut pas oublier aussi que la beauté d'une âme se cache souvent derrière une infinité de nuances et de subtilités. Et si justement ces trésors oubliés au profit des évidences étaient justement la clé qui nous permettrait de mieux comprendre d'où nous venons et surtout, où nous désirons nous diriger tous ensemble en fredonnant.

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