Avoir son 15%

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
CHRONIQUE / J'ai toujours eu une drôle de relation avec la notion de pourboire. (Photo 123RF)

Agrandir

Photo 123RF

Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / J'ai toujours eu une drôle de relation avec la notion de pourboire.

D'ailleurs, si je ne m'abuse, je crois même vous en avoir déjà parlé une fois ou deux ici. Mais bon, il faut bien contribuer à la survie des vieux adages, alors voici ma modeste contribution à «Jamais deux sans trois».

Alors voilà, si je vous fais part de cette relation trouble que j'entretiens, c'est qu'à mon humble avis, le pourboire est probablement la chose la plus abstraite de la planète.

Par exemple, vous allez chercher une commande pour emporter à un restaurant et puis juste quand vous vous disiez que tout allait plutôt rondement, voilà qu'au moment de payer, la sympathique serveuse vous demande si vous désiriez payer le montant exact.

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, cette question-là sous-entend: «Désiriez-vous me donner du pourboire?»

Maintenant, je sais bien qu'il existe une école de pensée affirmant que lorsqu'on procède à un «take-out», il n'est pas question de donner du pourboire, mais voyez-vous, mes discussions avec plusieurs employés du milieu de la restauration m'ont appris que dans plusieurs cas, les commandes pour emporter étaient classées dans le même registre que les commandes sur place.

De fait, lorsque surviennent les prélèvements des employés, comme toutes ces commandes sont passées dans le même registre, cela fait en sorte que vous pénalisez l'employé en ne lui remettant pas de pourboire. Mais là, tout ça n'est peut-être qu'une fumeuse théorie, parce qu'il est fort probable que ma gueule de vieux-jeune candide inspire certaines personnes à me compter des pipes afin que je leur fasse cadeau de quelques dollars à des fins de bonne conscience.

Sinon, il y a aussi le truc des livraisons.

Ici, je prendrai pour exemple certains établissements qui vous chargeront un montant additionnel pour la livraison.

Tout ça, c'est bien beau, mais à la fin, on ne nous dit pas clairement que si ce montant est justement destiné au livreur. Parce que voyez-vous, si on me dit que ce montant va directement dans ses poches, je me dirai qu'on nous charge un pourboire obligatoire et entre vous et moi, ça me faciliterait vraiment la vie. Mais qu'en est-il de ce montant s'il n'est destiné qu'à payer les frais accessoires quant à la livraison? Du coup, si on part de cette théorie, voilà un bon moyen de se retrouver sur la liste noire du club secret des livreurs.

Et puis c'est quoi au juste un bon pourboire?

Certes, je sais bien qu'en calculant les taxes et en arrondissant le tout au prochain dollar, on est dans les normes, mais est-ce vraiment suffisant? Disons que j'ai énormément apprécié le service et que j'aimerais que le montant du pourboire que je donne exprime mon bon sentiment, combien devrais-je donner?

Et puis si la serveuse a été très gentille, mais que son service s'est limité à m'amener une poutine et puis «bye mon chum, v'là ta facture», jusqu'à concurrence de quel montant je lui dirai raisonnablement que j'ai bien apprécié ce moment, et ce, même si celui-ci avait été plutôt sommaire?

Je vous le dis chers lecteurs et chères lectrices, bien que je ne sois vraiment pas du type à apprécier qu'on m'oblige à faire des trucs, ironiquement, je bondirais de joie si un jour on m'apprenait que désormais, on aurait des pourboires obligatoires qui seraient automatiquement ajoutés à la facture.

On peut toujours rêver quoi?

Mais bon, en attendant ce moment qui ne viendra peut-être jamais, je devrai continuer à demander sur un ton anxieux aux employés: «C'est-tu correct ou ben tu trouves ça cheap quand le monde te donne ça?» pour ensuite finir par flancher et ajouter un ou deux dollars de plus, juste au cas où.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer