Dans la grande ville

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CHRONIQUE / Je suis allé récemment passé quelques jours en famille à Montréal. (123rf)

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Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / Je suis allé récemment passé quelques jours en famille à Montréal.

Mais tout d'abord, je me dois de vous faire une petite confidence: il s'agissait de la toute première fois que je faisais le trajet Alma-Montréal en tant que pilote. Or, avant de rire de moi, sachez que malgré mes 36 ans, je ne conduis que depuis l'âge de 30 ans. Disons que ça aide à relativiser. Mais bon, comme je suis bon prince, je vous permets toutefois de rire du fait que ça m'aura pris autant d'années avant de me décider à prendre le volant.

Un jour, je vous raconterai la fois où j'ai passé mon permis et où j'ai fouetté le visage de la pauvre femme qui allait évaluer ma conduite en tentant de lui lancer la sangle qui attache le sympathique panneau «Élève au volant» sur la voiture.

Alors voilà, c'est donc en compagnie de mon fils et de ma conjointe que nous sommes partis à l'aventure. En toute honnêteté, ce périple m'avait énormément stressé dans les jours précédents et dès le moment où j'ai démarré la voiture, j'étais soudainement en sueur comme si je m'apprêtais à faire un saut de la mort au-dessus de 100 voitures en feu.

Et puis hop!, on a fait le trajet et à ma grande surprise, ça s'est finalement plutôt bien déroulé.

Comme à vingt ans

Je ne vous mentirai pas, j'ai toujours bien aimé faire des escapades à Montréal, car ça me rappelle cette époque peu glorieuse où dans ma jeune vingtaine, j'étais rongé par l'amertume à force de mener une existence anonyme parmi toute cette foule de gens. Aujourd'hui, lorsque je déambule dans les rues de Montréal, je repense à tous ces souvenirs qui m'habitent et je me dis avec sérénité que mon destin n'était tout simplement pas dans cette ville.

D'ailleurs, c'est bien loin d'être un drame, car bien honnêtement, je ne changerais vraiment pas de place avec mes amis qui vivent à Montréal. Certes, ils ont plus d'opportunités de travail qu'en région et ils ont accès à une infinité de choix de spectacles et autres activités, mais à la fin, on ne peut pas tout avoir dans la vie.

Par exemple, j'ai le loisir de déambuler le soir dans les rues en m'imaginant que je vis dans une ville fantôme post-apocalyptique et le petit bonhomme en moi trouve ça magnifique. Sinon, je n'ai jamais à vivre ces moments étranges dans le métro où une espèce de loi non écrite fait en sorte qu'il ne faut pas croiser quiconque du regard et où il est presque impératif d'afficher cette expression sans émotions que je baptiserai «face de métro».

Côté romantique

Et puis hop, ça va certainement sonner campagnard comme point de vue, mais je trouve qu'il y a un petit quelque chose de romantique à l'idée de voir mon enfant grandir dans un coin de pays où tout est encore à découvrir pour lui.

Évidemment, d'ici quelques années, il me rappellera sûrement à quel point la vie ici est ennuyante en comparaison de celle qu'il pourrait vivre dans «la grande ville» et du coup, je me ferai un malin plaisir de lui raconter à quel point c'était encore plus plate dans mon temps.

Ouep, je relis tout ça et je réalise à quel point je commence à me faire vieux.

Hier encore, je maudissais parfois le ciel en pensant à tout ce que je manquais en habitant ici dans le 02 et voilà qu'aujourd'hui, je me réjouis du silence, de la tranquillité et même de l'oxygène.

J'imagine que d'ici cinq ou six ans, je finirai par vous pondre une chronique dans laquelle je ferai l'apologie du camping et de la pêche.

Décidément, la vie arrive toujours à nous surprendre, même quand on fait le choix de vivre loin des sièges sociaux.

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