Mon cher Alex

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Alexandre Cloutier... (Archives, La Presse)

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Alexandre Cloutier

Archives, La Presse

Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / Salut Alex,

J'imagine que tu dois être très occupé étant donné tes fonctions de député, en plus de la course à la chefferie du Parti québécois, mais bon, je sais que tu as des oreilles et surtout des yeux autour de toi qui lisent parfois cette chronique, alors voilà, j'ai un truc à te proposer.

Vois-tu, plus les années passent et plus je deviens méfiant quand un politicien tente de me courtiser en me parlant de changements et bla-bla-bla. Le truc, c'est qu'il est de plus en plus évident qu'une fois que les politiciens ont eu ce qu'ils voulaient, ehben! , ils n'ont qu'à nous sortir des études ou autres excuses du genre pour ensuite nous dire que, finalement, les changements annoncés auront lieu, mais toujours dans une version édulcorée qui fait en sorte qu'à la fin, on n'en a simplement rien à branler.

D'ailleurs, je sais que tu crois de tout ton coeur au fameux projet d'un Québec souverain et pour te dire vrai, bien que j'y ai longtemps cru, je suis maintenant rendu à un stade où je ne vois vraiment pas en quoi nous devrions être si fiers de notre nation, au point d'en faire un pays.

On n'a qu'à écouter les lignes ouvertes ou lire les commentaires sur les réseaux sociaux et force est d'admettre que j'ai souvent l'impression de vivre dans une province où l'éducation est en pleine dérive.

On n'a qu'à penser à l'inquiétant taux d'analphabètes fonctionnels.

De fait, je me permettrai cette analogie peu audacieuse pour t'illustrer mon point de vue: si un pays c'était comme un jardin, l'éducation symboliserait tous les efforts qu'on met afin d'avoir une récolte satisfaisante. En d'autres mots, si jamais tu voulais me revendre l'idée d'un pays, il faudrait d'abord que tu me séduises en me présentant ton plan de réaménagement du jardin. Le reste, je m'en fous parce que si je sais que les générations à venir seront enfin bien outillées, peut-être que je voudrai bien croire à nouveau à ce rêve.

Si je te raconte tout ça, c'est que tu avais fait mention de ton désir de «pimper» le système d'éducation ici au Québec lors d'un de tes discours à la course à la chefferie. Maintenant, peut-être aussi que c'était lors de ta première course, mais bon, si tel est le cas, j'imagine que ça demeure toujours une de tes priorités.

L'affaire, c'est que je visionnais récemment un documentaire sur le système éducatif de la Finlande et, bien qu'on arrondissait certainement les coins pour nous en mettre plein la vue, c'est là que ça m'a frappé. Si on impose un système éducatif merdique et incohérent aux enfants, ça revient pas mal à hypothéquer sa maison pour vivre à l'hôtel.

Le truc, c'est que c'est là qu'une nation débute, sur les bancs d'école. Ainsi, si j'ai bien compris, on a pratiquement interdit les écoles privées en Finlande. Du coup, les riches et les moins fortunés se côtoient tout au long de leur vie scolaire et le jour où les riches hériteront des fortunes et des compagnies de leurs parents, ils ne prendront pas les mêmes décisions en tant qu'employeurs, car tous ces gens qui seront touchés par ces décisions auront un visage, un nom et un lien affectif.

De plus, le système scolaire de la Finlande est fait en fonction des désirs et des ambitions des étudiants. Ici, je trouve ça un peu débile de le préciser, car tout système scolaire qui se respecte devrait être basé essentiellement sur ce point. Pour connaître de nombreux enseignants, je peux t'en passer un papier que si les profs avaient toute la latitude pour fonctionner ainsi, ils le feraient. Car, les enseignants font partie de la solution et surtout, ce ne sont pas eux qui sont à blâmer. C'est l'encadrement qui manque de vision. D'ailleurs, peut-être que ça vient de là cette fixation pour les tableaux électroniques.

En fait, c'est pas mal moins compliqué que ça en a l'air ce que je te suggère, Alex. Je te demande seulement de me proposer une révolution et crois-moi, tu verras aussitôt les yeux des gens briller. Certes, c'est là un pari risqué, mais du beige et du brun, il n'y a que ça dans le milieu politique.

C'est bien beau les patates, mais de la couleur dans une assiette, ça fait toujours du bien.

Sur ce, bonne fin de course et si jamais tu es tenté de faire de l'humour comme Jean-François Lisée, te gêne pas à me demander conseil. Je connais plein de bonnes blagues.

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