Pokémon (encore)

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Jeu mobile le plus téléchargé de l'histoire depuis... (AP)

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Jeu mobile le plus téléchargé de l'histoire depuis son lancement, Pokémon Go a déjà dépassé de gros joueurs comme Twitter, Instagram, Tinder et Candy Crush en nombre de téléchargements.

AP

Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / Il y a 16 ans de ça, je travaillais dans une maison de sondages. 

Yep, c'était moi le fatiguant qui vous appelait vers 20h12 pour vous demander si vous étiez en train de regarder la télé et qui, avec un peu de chance, finissait par réussir à vous soutirer votre adresse postale pour vous envoyer un carnet dans lequel vous alliez devoir inscrire toutes les émissions de télé que votre famille visionnerait pendant un mois.

Alors voilà, comme j'arrivais tout le temps au boulot à la toute dernière minute, un jour, une des superviseures nommée Véronique m'avait rencontré dans son bureau pour me féliciter d'avoir récemment modifié mes habitudes et ainsi, d'avoir commencé à arriver au travail à l'heure convenue.

Je me souviendrai toujours de son visage lorsque je lui ai dit: «Ouais, le truc que j'ai trouvé, c'est que je ne regarde plus le générique de la fin des Pokémon et je pars maintenant juste avant.»

Vous devinerez donc qu'au moment où la folie entourant Pokémon Go a débuté, je n'ai pas pu résister à la curiosité et sans même attendre le lancement de l'application ici au Canada, j'ai utilisé mon compte iTunes «américain» afin de me prêter au jeu.

Voilà donc que ce soir-là, j'ai effectué le même trajet que tous les soirs lors de ma marche quotidienne et à mon grand désespoir, j'ai rapidement réalisé que mon circuit n'était pas digne d'un grand chasseur de Pokémon. Or, je serais bien menteur de nier que j'ai ressenti une certaine excitation à repérer ces créatures imaginaires pour ensuite les chasser.

Et puis hop, le lendemain matin, j'ai proposé à mon fils d'aller se balader dehors avec moi pour chasser des Pokémon, et l'instant d'après, on mettait nos casquettes pour ensuite se taper une promenade autour du quartier. On a même effectué un détour dans la petite forêt, et ce, malgré la chaleur accablante.

Puis, le soir même, une véritable levée de boucliers a commencé à se manifester sur les réseaux sociaux. En quelques heures seulement, voilà que la population était désormais divisée en deux clans: les pros et les anti-Pokémon Go.

Victoire! La population avait enfin trouvé un nouveau visage au diable!

Pourtant, mis à part quelques faits divers d'incidents qui auraient été causés par Pokémon Go (mais surtout par la stupidité humaine), en quoi un jeu pourrait autant provoquer la grogne chez une aussi grande partie de la population? Et surtout, en quoi un jeu pourrait nuire au bien-être de ceux qui n'y jouent pas? Et sinon, pourquoi vos invitations incessantes à jouer à Candy Crush étaient-elles moins pires?

Ici, qu'on se comprenne bien, je ne suis pas assez fan de Pokémon Go au point de monter aux barricades afin de défendre le chasseur et le Pokemon. Or, même après avoir tenu compte d'un océan d'arguments en provenance du camp anti-Pokémon Go, je n'arrive pas à voir cette frénésie d'un mauvais oeil.

Le truc, c'est que voyez-vous, j'effectue la même marche tous les soirs dans les rues d'Alma et en presque un an, je pourrais vous énumérer le nombre de gens que j'ai croisés. Et puis hop, depuis l'apparition de ce jeu qui vous oblige à sortir de la maison et de partir à la découverte des rues de la ville, je croise désormais une dizaine de gens chaque soir.

Oui, vous avez le droit de penser qu'ils ont l'air de pauvres cons à scanner le vide avec leur téléphone afin de trouver des bestioles imaginaires. Mais bordel, si c'est ce que ça prenait pour qu'ils retrouvent enfin le plaisir de jouer dehors, eh ben, il faut être un triste personnage pour être contre cela.

Enfin, si tout ça vous dérange, peut-être que c'est parce que ces joueurs qui errent avec leur téléphone sont en quelque sorte votre propre reflet de vous lorsque vous regardez mécaniquement votre appareil au cas où un courriel ou un texto important vous aurait été adressé.

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