La bonne mine de Charbon

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Le Parc Mille lieux de la Colline, lors... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Le Parc Mille lieux de la Colline, lors de l'inauguration, en 2015.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / C'était ma première vraie semaine de vacances depuis un bon bout.

Bien sûr, il y avait eu auparavant de brefs épisodes de chômage, mais là, c'était facilement la première fois depuis 2012 que les astres s'alignaient pour que je vive une vraie semaine de vacances en famille où chaque journée allait devenir le théâtre d'une foule d'activités.

Voilà donc que dans ce lot d'activités, un soir, notre fils s'est tout bonnement mis en tête que le lendemain, nous irions en famille au Parc Mille lieux de la Colline.

Et puis hop, sans vraiment qu'on en débatte, le lendemain matin, nous avons fini par nous retrouver tous les trois dans la voiture avec comme objectif de nous y rendre.

Maintenant, je serai bien honnête avec vous, j'étais plus ou moins enthousiaste à l'idée de passer une des journées les plus chaudes de l'été dans un parc thématique, mais les parents en savent certainement quelque chose, créer des souvenirs, ça n'a pas de prix.

Alors je me suis mis en mode « bonne humeur » et dès qu'on est arrivé sur les lieux, j'ai tout d'abord été surpris par le prix d'entrée. Sans farce, j'ai vraiment trouvé ça chic d'avoir accès à un lieu de la sorte sans que l'on se fasse dépouiller dès notre arrivée.

On n'avait pas encore franchi la porte d'entrée que déjà, des enfants riaient aux larmes devant les singeries de Charbon le mineur dont le casque était justement coincé dans la porte. À ce moment-là, je ne m'en doutais pas encore, mais cet amusant personnage nous tirerait à nous aussi des larmes dans les prochaines heures.

Mais avant cela, on a essayé les karts de course et en toute transparence, je devrai vous avouer que j'ai vraiment pris mon pied à conduire un de ces petits bolides.

On a ensuite essayé le petit train pour enfin nous payer un détour tel que promis à la « mine » de Charbon.

Ici, il faut savoir que mon fils en était à sa troisième visite et que les deux précédentes fois, Charbon avait totalement marqué son imaginaire. Pour ma part, je me sentais comme ce père dont le fils tripe sur le hockey et qui aurait envie de constamment se targuer auprès de sa progéniture qu'il a été à l'école avec un joueur étoile. Parce que oui, j'ai connu l'homme derrière Charbon sur les bancs d'école à l'UQAC il y a maintenant plusieurs années.

Alors voilà, j'étais là tout fier à voir interagir mon fils avec ce magnifique Charbon et puis ça m'a frappé : nous vivions là un moment tout simplement magique. Charbon était là à bouger les bras et à raconter avec toute la passion du monde la procédure à suivre pour faire un voeu et puis hop, j'ai senti monter dans mes yeux ces satanées bulles d'eau qui surgissent chaque fois que je vis un de ces moments qui se gravent en temps réel dans ma mémoire.

Évidemment, certains me diront qu'il n'y a pas de honte à avoir de verser quelques larmes quand la beauté du monde nous touche droit au coeur, mais bon, quand vous êtes entouré d'enfants et de parents et que vous êtes dans un tunnel d'où votre oreille peut percevoir au loin la chanson thème des Calinours, l'orgueil en prend quand même un petit coup.

Au cours des derniers jours, j'ai beaucoup repensé à cet épisode et j'ai finalement réalisé que ce qui m'avait le plus touché, c'était de penser à la chance exceptionnelle que tous ces enfants ont de côtoyer des gens passionnés et attentionnés comme Charbon et sa bande de personnages.

Car derrière ces personnages, on devine qu'il y a des milliers d'histoires qui leur ont donné vie et qui continueront de les animer. Je pense notamment à l'implication de l'homme derrière Charbon au sein de l'organisation des Clowns thérapeutiques Saguenay, de sa machine à poésie où il scandait dans la rue des centaines d'oeuvres de nos plus grands poètes ou sinon de son apport exceptionnel à la danse grâce à Racines Gumboots.

Il faut les célébrer ces gens-là. Et surtout, il faut les remercier pour allumer autant d'étoiles dans les yeux de nos enfants.

Et puis tiens, c'est bien beau de le dire, mais je vais même en faire le voeu, maintenant que je sais comment faire.

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