En vacances de Facebook

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CHRONIQUE / On m'a souvent taquiné quant à mon rapport avec les réseaux sociaux. (123rf)

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Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / On m'a souvent taquiné quant à mon rapport avec les réseaux sociaux.

En effet, comme je fais partie de ces rigolos qui se servent régulièrement de Facebook pour y faire des blagues et autres performances déstabilisantes, les gens qui m'y côtoient ont parfois l'impression que j'y passe la totalité de mon temps.

Or, à la différence de bien des gens, j'ai justement l'habitude de réfléchir constamment quant à mon rapport avec ces outils, alors que la plupart des gens se contentent tout simplement de se persuader qu'ils en font une utilisation juste. Et pourtant, si ces mêmes personnes prenaient parfois le temps de porter une vision d'ensemble quant à leur fréquence d'utilisation des réseaux sociaux, ils pourraient en être grandement étourdis.

D'ailleurs, en ce qui me concerne, j'essaie chaque année de prendre une petite pause des réseaux sociaux en suspendant temporairement mon compte. Ce sont en quelque sorte des vacances.

Toutefois, j'ai beaucoup appris au fil des années. Par exemple, des vacances de Facebook, ça ne se prend pas comme ça sur un coup de tête. Parce que dès qu'un ami ou un membre de la famille va se rendre compte que vous êtes soudainement disparu du moteur de recherche de Facebook, vous pourriez être surpris de la rapidité avec laquelle les textos et les courriels vont arriver. Attendez-vous donc à des «ÇA VA-TU?» et des «T'ES-TU CORRECT?» et etc.

Ainsi, il est grandement préférable d'avertir vos proches et vos amis de votre initiative.

Sinon, avant de prendre vos vacances, il faudra aussi vous assurer que votre compte Facebook n'est pas relié à d'autres services externes. Ici, je pense notamment à la fois où vous avez ouvert votre compte Spotify et afin de sauver deux ou trois minutes, vous l'avez immédiatement associé à votre compte Facebook. Eh ben hop! Demain, quand vous aurez suspendu votre compte et que vous désirerez vous reposer en écoutant votre «playlist» sur Spotify, il faudra faire quelques culbutes ainsi que quelques jongleries pour vous y connecter. Et il en sera peut-être de même pour bien plus de services que vous ne l'aviez pensé.

Ah! Et puis quand vous aurez enfin réussi à vous connecter à votre compte Spotify et qu'en écoutant de la musique, vous aurez cette idée géniale d'organiser un BBQ avec quelques amis, comment ferez-vous pour les rejoindre? Parce que vous n'y avez probablement pas pensé, mais la moitié de vos amis, vous les contactiez essentiellement par messagerie Facebook et les rares fois où vous téléphoniez, vous vous laissiez justement vos coordonnées par messagerie.

Et puis si vous êtes de ceux et celles que vos collègues ont l'habitude de contacter via la messagerie Facebook, parce qu'au fond, tout le monde est maintenant sur ça, avez-vous au moins pensé à les avertir de votre disparition?

En fait, j'exagère à peine, mais tout dépendamment du milieu professionnel et de l'entourage dans lequel vous évoluez, quitter Facebook, ça peut parfois s'apparenter à quitter une civilisation virtuelle.

Et du coup, on se rend compte que ce n'est pas tant nous qui avons besoin d'être connectés et de faire partie du réseau. Nous ne sommes pas dépendants à ce système, car une fois débranchés, nous respirons toujours, nous dormons, nous mangeons et nous discutons.

Ce qui est dépendant dans tout ce cirque, c'est justement le réseau social. Il a besoin de nous. Il ne peut pas se passer de chacun de nous. Il déteste avoir à combler les espaces manquantes. Il veut savoir que vous êtes là. Ça le rassure. Même s'il sait que vous finirez bien par retomber dans ses griffes.

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