Un peu de temps avec ça ?

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CHRONIQUE / La vie réussit toujours à me surprendre. (123rf)

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Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / La vie réussit toujours à me surprendre.

Voilà donc qu'il y a quelques jours, alors que je m'adonnais à ma traditionnelle marche de santé, j'ai cru vivre une épiphanie.

Le truc, c'est que j'essayais candidement d'imaginer un monde meilleur, puis j'en suis arrivé à cette drôle de théorie : « Et si on permettait des réductions d'impôts aux mieux nantis de ce monde, mais en échange de leur temps? »

Maintenant, je crois que c'est primordial de le souligner, mais tel que précisé il y a quelques lignes, ce n'était là que le fruit d'une réflexion très candide.

Mais bon, ça ne coûte rien de se faire des scénarios et surtout, ça ne mettra personne dans le trouble.

Alors voilà, en partant du postulat comme quoi le temps, c'est de l'argent, je me suis amusé à me demander ce qui était le plus profitable pour nous en tant que collectivité : de l'argent sonnant ou du temps?

Je dis ça comme ça, mais en prenant pour exemple un entrepreneur chevronné qui s'engagerait à accorder un nombre x d'heures par semaine à faire du mentorat auprès d'entrepreneurs débutants, on s'assurerait ainsi une distribution du savoir, une ressource qui n'a pas de prix.

Ou sinon, si les entreprises devaient s'engager à fournir de la main-d'oeuvre à des causes ou des organismes, peut-être profiterions-nous davantage de ces ressources plutôt que de souhaiter que des sommes d'argent finissent par s'échapper des dédales administratifs gouvernementaux pour enfin arriver à bon port?

De plus, en faisant des « dons obligatoires de temps », cela pourrait être un moyen efficace de tisser des liens durables entre divers acteurs de la communauté, car disons-le, ceux-ci pourraient être le théâtre de rencontres qui ne se produiraient pas autrement.

Évidemment, j'imagine déjà sans difficulté des détracteurs prévoir qu'une fois de plus, ces « dons obligatoires de temps » ne tarderaient pas à devenir d'autres vecteurs dont les mieux nantis trouveraient le moyen de tirer profit à leur propre compte, mais bon, la crossette est le propre de l'humanité.

J'avais donc tout ça qui mijotait doucement dans ma tête lorsque cette semaine, voilà que ma blonde me parle des Partag'heures.

Ici, vous me pardonnerez si je n'ai pas tout à fait saisi l'idée, mais de ce que j'ai compris, on peut voir cette initiative comme un club d'échanges de services.

En d'autres mots, un mécanicien peut offrir cinq heures de son temps afin de régler des problèmes d'ordre mécanique et une fois que c'est fait, il aura cinq heures en banque. Du coup, lorsqu'il aura besoin de se refaire une santé, il pourra se servir de ces heures en banque afin de profiter des services d'une massothérapeute qui, du coup, accumulera de son côté des heures en banque à échanger contre d'autres services.

Si je me fie à ce qu'avance le site web à ce sujet, il s'agirait donc d'une initiative qui existe ici même au Lac-Saint-Jean depuis 2014.

Toujours grâce à la magie d'internet, j'ai aussi cru comprendre que les Partag'heures tirent leurs origines de la France et que ce système d'échange local (SEL) aurait vu le jour au début des années 1990.

À une époque où les réseaux sociaux peuvent fournir de magnifiques outils afin de rallier la communauté, j'ai de la peine à croire que des initiatives comme celle-ci n'aient pas plus de visibilité.

En toute humilité, je n'ai pas la prétention de croire que cette chronique suffira à inspirer la population à faire le grand saut et à tenter de se prêter en grand nombre à une telle expérience communautaire, mais bon, il ne suffit parfois que d'une petite averse pour faire toute la différence.

Une chose est certaine, en lisant cette chronique, vous n'avez pas perdu votre temps.

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