Deux poids, deux mesures

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CHRONIQUE / Si tout comme moi, vous faites partie de ceux et celles qui ont... (Photothèque Le Soleil, AP)

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Photothèque Le Soleil, AP

 

Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / Si tout comme moi, vous faites partie de ceux et celles qui ont troqué la cigarette traditionnelle pour la cigarette électronique, peut-être avez-vous eu vent de la fameuse nouvelle loi 44?

Pour les néophytes en la matière, la loi 44 vise essentiellement à réglementer l'utilisation de la cigarette électronique. Or, bien que de nombreux cardiologues et autres spécialistes de la santé confirment régulièrement que la nocivité de la cigarette électronique n'est aucunement comparable à celle de la cigarette traditionnelle, le gouvernement provincial n'entend décidément pas à voir les choses du même oeil. Car, ce que les grandes lignes de loi 44 avancent, c'est que la cigarette électronique est à considérer au même titre que la cigarette traditionnelle.

Voilà donc que depuis l'apparition de la loi 44, les nombreux commerçants qui avaient décidé de se lancer à fond dans ce tout nouveau marché doivent maintenant répondre à une panoplie de nouvelles exigences qui laissent pratiquement l'impression que ces gens se prêtent à un commerce totalement illicite.

Par exemple, ceux-ci ont dû procéder à la teinte de leurs vitrines extérieures afin que personne ne puisse voir ce qui se passe à l'intérieur. De plus, il est maintenant interdit de faire tester les produits aux nouveaux clients avant de procéder à un achat afin de les accompagner dans leur transition de la cigarette traditionnelle vers sa cousine électronique.

Sinon, eh bien il est désormais interdit d'entrer dans un de ces commerces en compagnie d'un enfant.

Maintenant, vite comme ça, si on me dictait tous ces règlements sans les mettre en contexte, je croirais avoir affaire à des règlements concernant un bar de danseuses ou un truc érotico-mocheton du genre. Mais non. Et vraiment pas.

Alors qu'il est tout à fait possible d'aller faire ses courses en famille à la SAQ tout en goûtant à deux ou trois spiritueux offerts ici et là par les commis, toutes ces façons de faire deviennent soudainement purement diaboliques lorsqu'elles concernent la cigarette électronique.

Et pourtant, bien que je souhaite de tout mon coeur que mon fils ne cède jamais à la tentation de devenir un adepte de la boucane sous toutes ses formes, je souhaite tout autant qu'il ait droit à une bonne éducation quant à la consommation d'alcool. Du coup, peut-être suis-je conservateur à cet effet, mais je me demande quel est le message qu'on lance lorsqu'on offre à qui veut bien «une p'tite shot» d'alcool «juste pour goûter» entre deux commissions au volant de sa voiture. Mais bon, je présume qu'ici, je mélange du mousseux avec du champagne.

Mais ce qui est encore plus troublant dans cette histoire de loi 44, c'est qu'on demande aussi à tous ceux et celles qui sont impliqués de près ou de loin au commerce de la cigarette électronique de ne procéder à aucune promotion de ce produit par l'entremise de leur page Facebook personnelle. D'un certain point de vue, cela pourrait être logique étant donné qu'il est aussi interdit de procéder à des promotions du genre en ce qui concerne les bars, or la «promotion» a le dos très large quand il est question de la loi 44. En d'autres mots, tout article ou texte d'opinion favorable à la cigarette électronique peut être considéré comme étant de la promotion. C'est-à-dire que les commerçants et autres travailleurs de la cigarette électronique sont littéralement muselés, et ce, même s'ils n'entendent qu'à défendre leur industrie.

Je sais de source sûre que certains commerçants d'Alma ont eu la chance de rencontrer dernièrement le député Alexandre Cloutier dans l'espoir que des modifications soient apportées à cette loi. Je leur souhaite que cela se produise, car il serait navrant que ceux-ci doivent fermer boutique pour ensuite laisser le marché libre aux grands manufacturiers de tabac qui pourront alors imposer leur produit.

Ici, je ne dis pas que c'est là le but de la loi 44, mais j'ose imaginer que quelques poignées de main en ce sens se sont données dans les coulisses du pouvoir.

On mourra juste plus rapidement à la fin...

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