Chronique princière

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Le Prince du temps... (Photo courtoisie)

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Le Prince du temps

Photo courtoisie

 

Joël Martel
Le Quotidien

CHRONIQUE / «Chérie, aurais-tu vu par hasard ma belle montre de poche que ma soeur m'avait donnée?»

Ça a presque commencé comme ça. En fait, ça a commencé quelques minutes auparavant alors qu'un ami Facebook, l'insaisissable Hugo Blanchette, m'avait identifié dans un commentaire en me qualifiant tout à fait gratuitement de «Prince du temps».

Pour ceux et celles qui sont familiers avec ce qu'on pourrait qualifier d'humour typiquement web, c'est le genre de truc que l'on rencontre au quotidien. Généralement, il ne faut surtout pas se prendre la tête à trouver du sens aux blagues qui éclatent ici et là, et c'est justement la raison pour laquelle je fais partie de ceux et celles qui carburent à ça.

Alors hop, comme j'ai toujours bien aimé l'humour particulier de Hugo, j'ai vu cela comme une invitation. Après avoir recherché pendant une ou deux minutes cette fameuse montre, j'ai finalement arrêté mon choix sur une horloge qui traînait dans mon bureau. Je me suis ensuite mis une couverture sur la tête et j'ai produit un selfie très stoïque en posant avec mon horloge.

Ce que j'ignorais alors, c'est que cette photo serait le début d'une extraordinaire réaction en chaîne.

C'est donc quelques minutes avoir publié ladite photo en l'accompagnant d'une affirmation somme toute ridicule disant «Je suis le Prince du temps», que Hugo m'a répondu en publiant une photo dans laquelle on pouvait le voir recouvert d'un drap. Sur la photo en question, Hugo avait copié-collé une image très cheapette de soleil et évidemment, un message affirmant qu'il était le Prince du soleil accompagnait son portrait.

Nous avions donc procédé à un échange en bonne et due forme de blagues typiquement web et nous pensions alors que la vie pourrait calmement continuer.

Or, au lendemain matin, voilà que l'ami Jean-François Provençal publiait un selfie dans lequel il était à bord d'un autobus et où il portait un capuchon sur la tête. La phrase «Je suis le Prince des autobus» accompagnait ladite photo.

Ce fut probablement l'étincelle qui mit le feu aux poudres.

Au cours des heures suivantes, sans même que nous ayons invité qui que ce soit à participer à ce cirque absurde, mon mur Facebook est devenu le théâtre d'un long défilé de princes de tout ce que vous pouvez imaginer. Parmi ceux-ci, on y a retrouvé le prince des trucks, le prince à cils, le prince des fourrières, le prince du poulet frit Kentucky et je pourrais continuer ainsi jusqu'à la section nécrologique du journal.

Mais si vous ne l'aviez pas remarqué, un petit détail me mystifiait complètement jusque-là. En effet, où étaient donc les princesses?

C'est alors qu'à ma grande joie, Marielle Couture a ouvert le bal en s'affirmant comme étant la princesse des arcs-en-ciel. Son arrivée a alors provoqué un débarquement d'une infinité de princesses, dont celle des chaudrons, des tires joints et des paniers d'épicerie.

Évidemment, si vous n'êtes aucunement familiers avec les bas-fonds de la culture web, j'imagine que vous êtes là à lire ce compte-rendu en vous disant que ces gens «ont don' du temps à perdre». Peut-être oui.

Or, ce que je retiens de cette expérience involontaire, c'est que tous ces gens ont vu dans cette initiative une occasion de mettre à profit leur créativité, et ce, sans risquer le jugement de qui que ce soit. En d'autres mots, il s'agissait là d'un jeu comme on les pratique en étant enfants. Un jeu dont les règles se limitent à des contours flous et où tout le monde peut devenir le prince ou la princesse qu'il désire être.

Ça peut sembler con d'en arriver à cette conclusion, mais je crois sincèrement qu'à la fin, nous ne sommes que des enfants prisonniers de corps qui grandissent et vieillissent sans même nous demander notre avis. Or, la fougue, la douce folie et la jeunesse, elles restent toujours cachées là au fond de nous et elles ne demandent qu'à se pointer le bout du nez lorsque l'occasion se présente.

Et ça, il n'y aura jamais aucun roi ou aucune reine qui ne pourra nous l'enlever.

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