Un défi pour 2020

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La responsable climat de l'ONU, Christiana Figueres, et... (Archives AP)

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La responsable climat de l'ONU, Christiana Figueres, et la négociatrice en chef de la France, Laurence Tubiana, se sont données une longue accolade après la signature de l'accord.

Archives AP

Claude Villeneuve
Le Quotidien

CHRONIQUE / Au sommet du G20, Christiana Figueres, secrétaire de la Convention cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques, a lancé un plan d'action en six points pour réaliser l'objectif de l'Accord de Paris, c'est-à-dire limiter le réchauffement du climat planétaire à moins de deux degrés Celsius avant la fin du siècle. Pour espérer atteindre l'objectif, il faudra que les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) plafonnent avant 2020 pour décroître rapidement par la suite. Nous avons en effet un budget limité d'émissions qui peuvent encore s'ajouter dans l'atmosphère aux émissions historiques. Si nous dépassons ce quota, l'objectif sera raté.

Les six actions sont contenues dans un document intitulé Mission 2020 qui constitue un programme pour les gouvernements signataires de l'Accord de Paris. Même si Donald Trump a annoncé le retrait des États-Unis de cet accord, cela ne sera pas possible avant novembre 2020. Les États-Unis sont donc aussi concernés.

La fin du charbon ?

Dans le domaine de l'énergie, il faudrait que la proportion de l'électricité produite avec des sources renouvelables soit portée à 30 % contre 23,7 % en 2015, que plus aucune centrale au charbon ne soit autorisée et qu'on ferme progressivement les centrales existantes. C'est ambitieux, mais faisable. Le charbon cause d'énormes problèmes de pollution pour les populations locales et induit des problèmes de santé respiratoire auxquels les gouvernements sont de plus en plus sensibles. De plus, les prix de l'électricité produite avec des installations éoliennes et solaires deviennent de plus en plus compétitifs.

Pour les infrastructures, plusieurs villes ont pris l'engagement de rendre leurs bâtiments et leurs routes carbo-neutres à l'horizon 2050. Il faudrait que 3 % des bâtiments et des infrastructures soient carbo-neutres à chaque année à partir de maintenant. On peut y arriver en construisant en bois et en augmentant l'efficacité énergétique par une meilleure isolation, une fenestration adéquate et des systèmes de climatisation passive comme des toits et des murs verts.

Pour le transport, il faudra remplacer massivement les voitures à essence et au diesel par des véhicules électriques afin d'atteindre 15 % des voitures neuves vendues chaque année. Les voitures partagées en libre-service devront aussi être multipliées et il faudrait doubler l'utilisation du transport en commun en trois ans. L'utilisation de camions au gaz naturel et des initiatives combinant le rail et le camion comme le ferroutage peuvent contribuer à une réduction des émissions de 20 % dans ce secteur.

Les secteurs forestier et agricole ont aussi un rôle à jouer. Environ 12 % des émissions mondiales de CO2 viennent de la déforestation. Si on pouvait arrêter les pertes de forêt en 2030 et augmenter les puits de carbone en plantant des arbres et en faisant une agriculture orientée sur la séquestration de carbone dans les sols, cela contribuerait significativement à l'équation.

Dans le secteur industriel, les émissions devraient être réduites de 50 %. Tout un programme ! En excluant les GES émis par la production d'électricité, l'industrie lourde, en particulier le raffinage du pétrole, la production de ciment et l'industrie de l'acier contribuent globalement à 20 % des émissions mondiales de GES.

Des milliards de dollars

Finalement, le secteur financier est aussi interpellé. Il faudrait mobiliser en 2020 plus de mille milliards de dollars pour soutenir des initiatives dans les autres secteurs. Pas mal ! 

Malheureusement, dans l'accord de Paris, on est loin du compte. C'est pourquoi Mme Figueres et ses collègues insistent sur une mobilisation rapide de tous les secteurs. Le réchauffement a déjà dépassé un degré et ses impacts sont visibles. Pouvons-nous prendre plus de risques ?

Atteindre l'objectif de l'accord de Paris est sans doute un rêve. Le plan de madame Figueres démontre néanmoins que c'est encore possible, mais 2020, c'est demain !

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