Un nouvel espace pour le solaire

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Des modules solaires photovoltaïques... (Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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Des modules solaires photovoltaïques

Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens

Claude Villeneuve
Le Quotidien

CHRONIQUE / La production d'électricité photovoltaïque se développe à grande vitesse dans le monde à mesure que son prix se rapproche de plus en plus des autres sources d'électricité renouvelable.

En revanche, elle présente deux limites fondamentales. La première tient au caractère « interruptible » de la source d'énergie. En effet, même si le Soleil ne cesse jamais d'émettre de l'énergie, la rotation de la Terre crée l'alternance jour/nuit. L'approvisionnement doit donc être géré en conséquence. Cela implique des opérations d'équilibrage du réseau et des batteries permettant d'accumuler l'énergie et de la restituer au besoin. Le deuxième handicap de l'énergie solaire est qu'il faut de grandes surfaces pour installer les capteurs. La production d'électricité photovoltaïque entre ainsi potentiellement en compétition avec d'autres activités indispensables à l'humanité comme l'agriculture. Bien sûr, il y a des accommodements possibles en installant les capteurs sur le toit des bâtiments par exemple, mais cela limite le potentiel d'installer de grandes puissances.

La Chine est le pays qui développe le plus rapidement sa capacité de production d'électricité de source renouvelable, particulièrement dans le domaine du solaire. Le pays, qui a basé son approvisionnement sur le charbon dans les années 1990-2000 avec les conséquences de pollution de l'air que tout le monde connaît, investit maintenant massivement dans l'éolien et le solaire, sa capacité hydroélectrique étant limitée. Le déploiement des premières grandes centrales de production photovoltaïques s'est fait en milieu désertique, mais les distances de transport augmentent les coûts. Un nouvel espace semble prometteur pour augmenter la production près des centres de consommation : la surface de l'eau. Un peu comme on peut produire de l'électricité offshore avec de grands parcs d'éoliennes, on peut installer des panneaux photovoltaïques à la surface de l'eau. D'ailleurs, le plus grand parc de ce type vient d'être inauguré près de la ville de Hainan. Avec sa puissance de 40 MW, il peut produire suffisamment d'électricité pour répondre aux besoins d'électricité de 46 000 personnes dans ce pays. Ironie du sort, le dispositif a été installé sur le site d'une ancienne mine de charbon inondée.

Les installations photovoltaïques flottantes existent depuis une dizaine d'années, mais la plus grande jusqu'à maintenant a une puissance de 6,3 MW en Angleterre et une autre sera inaugurée au Japon l'an prochain avec une puissance de 13,7 MW. Les centrales photovoltaïques flottantes ont l'avantage d'être plus efficaces en raison de l'effet refroidissant de l'eau. Elles peuvent aussi limiter l'évaporation sur des réservoirs, mais surtout, elles utilisent des espaces sans engendrer de conflits.

Avec 1,9 milliard US, la Chine investit annuellement deux fois plus que les États-Unis dans l'énergie renouvelable. Cette différence risque seulement d'augmenter avec le récent retrait du président Donald Trump de l'Accord de Paris sur le climat. L'investissement crée la demande pour les équipements qui crée des opportunités d'implantation d'usines, d'emplois spécialisés et d'innovations. C'est un cercle vertueux. Avec son immense marché intérieur et son gouvernement autoritaire qui dirige l'économie, il est évident que la Chine dominera rapidement le marché mondial. Les bénéfices pour la qualité de l'air et la santé publique sont probablement ancillaires dans la décision du gouvernement chinois, mais ils ne pourront que profiter à la population et à l'environnement planétaire.

D'ailleurs, la Chine a maintenu son adhésion à l'Accord de Paris et a même prévu de devancer l'atteinte de son horizon de stabilisation des émissions de gaz à effet de serre. C'est très encourageant et cela met encore plus en évidence le ridicule de la position des États-Unis. « On est en 2017 ! » comme dirait un autre !

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