Le rôle des normes

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CHRONIQUE / Une norme est une expression mesurable et vérifiable d'un... (Archives, La Tribune)

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Archives, La Tribune

Claude Villeneuve
Le Quotidien

CHRONIQUE / Une norme est une expression mesurable et vérifiable d'un paramètre. Les normes peuvent être volontaires ou réglementaires. Les normes sont partout dans notre société.

Elles reflètent la nécessité de disposer de critères communs pour harmoniser la concurrence des entreprises, par exemple. Les normes sur les appareils électriques, les connexions informatiques, le remplissage des bonbonnes de propane ou la calibration des pompes à essence permettent un fonctionnement harmonieux de ces secteurs. Les normes sont évolutives. Elles représentent ce qui est possible et disponible en termes de technologie à une époque donnée. Les normes peuvent être décidées localement, à l'échelle d'un pays, d'un continent ou à l'échelle internationale. Les voyageurs savent par exemple que les prises de courant électrique sont différentes en Amérique du Nord et en Europe. En revanche, les normes du Web sont mondiales. Dans le domaine de l'environnement, les normes concernent par exemple les niveaux d'émissions de polluants dans l'air ou l'eau, ou la présence de contaminants dans les sols.

La norme américaine CAFE (Corporate Average Fuel Economy) en vigueur depuis 1975 impose aux constructeurs une moyenne de consommation par mille parcouru pour l'ensemble de leurs gammes de véhicules. Ailleurs dans le monde, on mesure au nombre de litres par cent kilomètres (l/100km). Cette norme a connu des fortunes diverses, au gré des alternances politiques et en 2008, la consommation moyenne des véhicules légers aux États-Unis et au Canada était la plus élevée des pays industrialisés avec 9,4 l/100 km contre 5,2 l/100km en Europe. La raison donnée pour cet apparent laxisme était traditionnellement la plus grande sécurité des gros véhicules dans les accidents routiers. Cette idée n'a pas toléré l'épreuve des faits. Le taux de blessures et de mortalité dans les accidents routiers ayant évolué à l'inverse de la consommation de carburant.

Dans un souci de réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur du transport, le gouvernement Obama avait fixé pour 2025 la norme de consommation moyenne des véhicules à 4,3 l/100 km. Sachant que les consommateurs voudront encore acheter des VUS et des camionnettes en 2025, cette décision aurait obligé les constructeurs à mettre en marché des véhicules hybrides et électriques pour faire baisser la moyenne.

La semaine dernière, on apprenait que le nouveau gouvernement américain avait l'intention de ramener cette cible à 6,5 l/100 km. Bien sûr, l'industrie se réjouit de cette intention qui diminue la pression sur sa performance technologique. Mais est-ce une bonne nouvelle pour tout le monde ?

Dans un monde où la lutte aux changements climatiques est un impératif reconnu, le fait de diminuer la pression sur les constructeurs automobiles aux États-Unis (et par conséquent au Canada) n'est pas une bonne idée. En effet, le message d'un resserrement des normes indique clairement aux industriels qu'ils doivent investir des efforts de recherche et de développement pour espérer conserver leur part de marché. L'industrie automobile nord-américaine est en compétition avec les constructeurs européens, japonais, sud-coréens et bientôt avec les constructeurs indiens. Ceux qui offriront en 2025 le maximum de modèles hybrides ou électriques prendront des parts de marché de plus en plus significatives, à l'instar de ce qui est arrivé après les chocs pétroliers de 1973 et de 1979 qui ont amené les constructeurs américains au bord de la faillite.

Chaque différence de 2 l/100 km représente, pour un véhicule une baisse moyenne de 1 tonne de CO2 par année. Sachant qu'il y a plus d'un milliard de véhicules automobiles en usage dans le monde, le resserrement des normes de consommation est une façon élégante de réduire le problème à la source. Les calculs à court terme de l'administration Trump risquent de coûter cher à l'économie nord-américaine et à la planète.

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