Le modèle suédois

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Le Brésil représente aujourd'hui 2,48% des émissions de... (Archives La Presse)

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Le Brésil représente aujourd'hui 2,48% des émissions de gaz a effet de serre, selon un communiqué de la présidence.

Archives La Presse

Claude Villeneuve
Le Quotidien

La lutte aux changements climatiques est un impératif mondial qui suppose que chaque juridiction doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Lors de la conférence de Paris en décembre dernier, les représentants de tous les pays se sont engagés à proposer des Contributions prévues nationalement déterminées (CPND), à les mettre en oeuvre, à rapporter ses progrès annuellement et à réviser ses CPND tous les cinq ans. Le Québec n'est pas un pays, néanmoins le premier ministre Couillard a annoncé à Paris sa cible de réduire les émissions de GES de 37,5% par rapport à l'année de référence 1990. C'est une des cibles les plus ambitieuses, mais la contribution du Québec sera rapportée dans l'ensemble de la performance canadienne.

La cible canadienne, est de réduire de 30% les émissions par rapport à l'année de référence 2005 et il sera difficile d'y parvenir, même si le Québec tient parole. Le principal outil du Québec pour parvenir à son objectif est le Système de plafonnement et d'échange des droits d'émissions (SPEDE) qui a fait l'objet d'une vérification dans le dernier rapport du Commissaire au développement durable (CDD), M. Jean Cinq-Mars, paru le 6 juin 2016.

La Suède est un pays commode quand on veut comparer la performance du Québec en diverses matières. C'est un pays nordique, sa surface habitée est très comparable à celle du Québec, sa structure économique est aussi proche de la nôtre, sa population et son niveau de richesse sont comparables. Dans son premier rapport en 2010, le CDD avait d'ailleurs comparé l'approche suédoise en matière de développement économique et d'environnement avec l'approche québécoise. Une attention particulière était portée sur la lutte aux changements climatiques. Dans son plus récent rapport, le CDD rappelle quelques éléments

En 40 ans, la Suède a coupé d'un facteur 3 ses émissions de GES tout en doublant sa richesse. Cela s'est fait sans révolution, par une série de politiques intégrées et par la mise en oeuvre d'instruments de marché dont une taxe carbone mise en place en 1995. Les efforts ont été soutenus et en 2007, la Suède avait réduit ses émissions de 8,6% par rapport à 2007 alors qu'en 2013, elle avait atteint 22% de réduction. En comparaison, le Québec avait en 2013 atteint une réduction de 8,6% dont l'essentiel était lié à la fermeture d'usines et à la réduction des effets d'anode dans les alumineries. Alors que le Québec a souffert de la crise de 2008, la Suède l'a traversée sans dommage. Jusqu'à maintenant, le Québec a obtenu une performance moyenne de -0,6% par année, mais les émissions du secteur des transports ont doublé depuis 1990 et constituent maintenant plus de 40% du total.

Or, c'est le secteur où le gouvernement dispose du moins de pouvoir pour réduire les émissions, puisqu'une grande partie des décisions dans ce secteur sont influencées par les comportements des consommateurs et que les solutions technologiques sont encore peu avancées.

En s'engageant pour atteindre une cible de réduction de -37,5% en 2030, le premier ministre a créé une obligation de performance de - 1,6%, presque trois fois plus élevée que ce qui a été réalisé avec les gains faciles déjà engrangés. La tâche sera énorme, d'autant plus que l'arrivée de nouveaux grands émetteurs est souhaitée par les stratégies de développement économique dont le Plan Nord.

Le CDD s'inquiète à juste titre de la faible performance du Québec eu égard aux objectifs qu'il se fixe et réitère son conseil de prendre exemple sur la stratégie suédoise qui vise des cibles similaires, mais a une politique plus intégrée, des plans d'action mieux structurés et une approche pragmatique et évolutive.

C'est un message qu'il faudrait écouter. L'exemple suédois est à notre portée, mais d'abord, ne vaudrait-il pas mieux réfléchir ses cibles plutôt que de se péter les bretelles en laissant aux prochains gouvernements le soin d'échouer?

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