Un Jour de la Terre spécial

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Cette année à New York se tiendra une grande cérémonie symbolique: la signature de l'accord conclu à Paris à la clôture de la 21e conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

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Claude Villeneuve
Le Quotidien

CHRONIQUE / Depuis 1970, on célèbre le Jour de la Terre le 22 avril. Démarré aux États-Unis, c'est maintenant un rendez-vous mondial où on manifeste symboliquement son attachement à l'équilibre écologique de notre planète. Cette année à New York se tiendra une grande cérémonie symbolique: la signature de l'accord conclu à Paris à la clôture de la 21e conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Les chefs d'État des 195 pays membres sont invités à signifier leur engagement pour contribuer à l'objectif de limiter d'ici la fin du siècle le réchauffement du climat terrestre «bien au-dessous de 2 degrés C». Mais cela est-il une garantie qu'on livre la marchandise?

La signature d'un accord international par les chefs d'État est un préalable à sa mise en oeuvre. En principe, ce sont les délégués présents à Paris qui ont conclu l'accord. Leur pouvoir d'engager leurs gouvernements était donc limité. Le processus de signature par les chefs d'État formalise la volonté d'aller plus loin. Mais quelle est la prochaine étape? L'accord de Paris devra être ratifié par les gouvernements.

Ce processus signifie que les parlements devront s'y engager par un acte législatif et accepter de s'y conformer. Pour l'accord de Paris, on utilisera la même règle que pour le Protocole de Kyoto (PK) en 1998. Cette règle stipule qu'il faut qu'au moins 55 pays représentant au moins 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre ratifient la signature et entérinent leurs cibles de réduction d'émissions. Cette règle peut représenter un piège en raison de la proportion des émissions qui diffère énormément entre les pays. Ainsi, il a fallu sept ans pour que le PK entre en vigueur. À l'époque, les États-Unis représentaient le plus grand émetteur mondial et détenaient, avec la Russie, près de 45% des émissions, ce qui donnait presque un droit de veto sur la mise en oeuvre du PK.

Le risque existe toujours que l'accord de Paris ait lui aussi des difficultés alors que la Chine, les États-Unis et l'Inde représentent plus de 50% des émissions. C'est presque certain si la présidence américaine passe aux mains des républicains cet automne. Mais regardons les choses positivement et postulons que l'Accord de Paris sera ratifié à la fin de l'année prochaine et qu'il entrera en vigueur en 2020. Que se passera-t-il alors?

L'Accord prévoit que les pays déposeront des contributions prévues nationalement déterminées. Cette expression désigne l'engagement de lutte aux changements climatiques consenti volontairement par chaque pays pour atteindre l'objectif. C'est la fameuse cible que le gouvernement du Canada tente de fixer avec les provinces. Tous les pays devront faire le suivi de leurs émissions et faire rapport annuellement. Cet engagement devra être renouvelé en 2023 avec des cibles plus ambitieuses et aux cinq ans par la suite.

Dans l'état actuel des choses, la partie est loin d'être gagnée. Un article paru le 1er avril dans la revue Energy Policy démontre que l'objectif de limiter la hausse des températures à moins de 2 degrés est déjà inatteignable, comme je le prévoyais dans mon dernier livre paru en 2013. Sans une décarbonisation drastique de la production énergétique et la mise en oeuvre de technologies à émissions négatives sur une très grande échelle, l'objectif est raté. Pour espérer l'atteindre, il faudrait par exemple tripler la production d'énergie renouvelable d'ici 2028 tout en cessant d'augmenter la production des carburants fossiles. Bonne chance!

Il ne faut pas pour autant jeter aux orties l'accord de Paris. Il semble que la Chine plafonnera ses émissions plus vite que prévu et les technologies permettant de produire de façon plus propre existent. Il faut les déployer et l'accord de Paris encourage les pays à y arriver. Même si le Jour de la Terre s'annonce spécial cette année il reste encore beaucoup de travail pour sauver la planète!

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